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Politique

Calendrier perturbé

Loi pacte : l’affaire Benalla retarde les plans du gouvernement

En ces temps d'épuisement prématuré du macronisme, l'affaire Benalla n'en finit pas de constituer un tournant majeur du quinquennat, au point que le gouvernement se voit désormais obligé d'ajourner son agenda de casse sociale. En effet, selon Bruno Le Maire, ministre de l'économie, la loi pacte pourrait être reportée à la rentrée.

La Loi Pacte, véritable ensemble tentaculaire qui vise à la fois à flexibiliser les PME et à privatiser des entreprises comme Engie (ex-GDF), la Française des Jeux ou les Aéroports de Paris pour augmenter les dividendes des actionnaires, n’échappe pas à la tourmente lancée par l’affaire Benalla.

Sur BFM-RMC, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, n’y est pas allé de main morte pour défendre la macronie contre tout ce qui la dérange. C’est à dire pas mal monde, et ce à commencer par les cheminots et les agents d’Air France, qui seraient responsables par leurs grèves de la baisse de la croissance. Mais il s’en est aussi pris à l’opposition qui, depuis le début de l’affaire Benalla, n’a eu de cesse de demander des comptes au gouvernement sur ses barbouzeries.

Ainsi, selon le ministre totalement dévoué à la startup nation, "la seule chose qu’aient réussi les oppositions, qui se donnent la main droite et gauche confondues, c’est l’obstruction". Une défense ironique pour un gouvernement qui multiplie les rétentions d’information depuis plus d’une semaine, ce qui a poussé plusieurs groupes d’opposition à quitter la commission d’enquête et à déposer des motions de censure. Une tentative pour ces derniers de passer à la contre offensive après le coup de poker de Macron , et d’apparaître comme les garants de la démocratie bourgeoise quand bien même les barbouzeries et autres scandales politiques et financiers ne leurs sont pas étrangers.

Le Maire est reparti ensuite à la charge en affirmant que "les oppositions nous obligent à modifier le calendrier, parce que les oppositions ont réussi leur coup en nous empêchant de travailler sur ce qui concerne les Français". Concernés, les français le sont assurément tant la Loi Pacte vise, par son orientation pro-entreprise, à faire sauter les derniers freins à l’exploitation dérégulée des salariés et à céder pour une bouchée de pain des entreprises rentables pour l’état et à la généralisation de la précarisation des salariés. En effet, les travailleurs sont bel et bien concernés par les déréglementations qui vont se faire au profit du patronat et par les privatisations d’entreprises qui rapportent plusieurs centaines de millions d’euros de recettes à l’état.

Lorsque le projet de loi a été présenté en juin dernier, Le Maire ne s’imaginait pas devoir retarder le rouleau compresseur des réformes macroniennes si vite. L’affaire Benalla étant passé par là, le gouvernement ne peut plus être autant à l’offensive, d’autant plus que sa violence économique et policière apparaissent de plus en plus comme les deux facettes d’une même politique.




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