^

Société

Tournant sécuritaire

Loin d’une innovation, Macron ressuscite la police de proximité

Désireux d’accentuer le maillage policier dans les quartiers populaires, Emmanuel Macron entend recycler l’idée de police de proximité, supprimée par Sarkozy en 2003. Des tests seront réalisés dans différentes villes de l’hexagone.

A la suite d’un sondage organisé par Le Figaro, 90 % des personnes sondées se disent « pour la mise en place d’un nouveau dispositif rendant la police et la gendarmerie plus à l’écoute et plus disponibles auprès de la population ». Un sondage qui n’est pas fait par hasard, à l’heure où le gouvernement Macron s’apprête à expérimenter, début 2018, son projet de « police de sécurité et du quotidien » (PSQ) dans des villes comme Toulouse, Lille, Aulnay-sous-Bois, Lens ou Roubaix.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que cette police va être en phase de test dans la ville où avait eu lieu le viol de Théo.

Le projet PSQ, vise à créer sans le dire, une nouvelle version de la « police de proximité », ancien corps de police crée par Jospin, sous le gouvernement Gauche Plurielle PS-PC-Verts, et supprimé en 2003 par Sarkozy. En faisant passer cette police « préventive » plus à « gauche » que la « police de répression » de la droite, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur et maire de Lyon, connu pour sa répression durant la Loi Travail sous Hollande, dans sa ville, développerait avec la PSQ, tout un argumentaire d’une Police plus proche de la population, afin de « calmer » les tensions qui peuvent se présenter entre policiers et habitants des quartiers populaires. Cependant, les enquêtes les plus sérieuses sur la question de la « police de proximité » montrent, quant à elles, que ce corps n’est pas plus « à gauche » qu’une autre force de répression et sert tout autant qu’une autre, voire mieux, les nécessités de maintien de l’ordre social inégalitaire et raciste qui est particulièrement présent dans les quartiers populaires.

Ce nouveau dispositif policier ne se fera pas sans une hausse du budget pour les « forces de répression », à l’heure où le gouvernement applique des restrictions budgétaires dans la santé, dans l’éducation et l’enseignement supérieur, etc.

Dans un contexte où Macron attaque sur tous les fronts, et applique sa politique austéritaire et néo-libérale, une « nouvelle » police semble être sa réponse de « communication » pour faire croire à un semblant de politique à gauche dans son gouvernement. Cependant il ne faut pas être dupe, et cette « nouvelle police » s’inscrit parfaitement dans le cadre de « l’état d’urgence permanent » dont on connaît les dérives répressives, qu’elles soient syndicales ou dans les quartiers populaires notamment.

Crédits photo : AFP/Georges Gobet




Mots-clés

impunité policière   /    Etat d’urgence   /    Violences policières   /    Répression   /    Société