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Vu sur quartiers libres

London is Burning !

Nous relayons ci-dessous un article de Quartiers Libres sur l'incendie à Londres.

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L’effroyable incendie de la tour Grenfell agit comme un révélateur des politiques libérales dans la transformation sociologique des quartiers populaires dans toutes les grandes métropoles capitalistes.

Bâtie dans les années soixante-dix dans un quartier alors populaire longé par la M40, elle est aujourd’hui cernée par les extensions démographiques de Kensington et Notting Hill. D’un côté le quartier de l’aristocratie et de la veille bourgeoisies impériale britannique et de l’autre celui de la bourgeoisie d’affaire et de l’Entertainment triomphant britannique rendu célèbre par le coup de foudre cinématographique nous narrant les grands problèmes sentimentaux de la bourgeoisie britannique.

Cette tour était un des derniers vestiges des classes populaires dans cette nouvelle banlieue pour riche. Les élus locaux essentiellement conservateurs dans le secteur souhaitaient depuis des années « résoudre le problème » que pose cette tour et sa population. Des familles qui ressemblent plus aux peuples colonisés par l’empire britannique qu’au prince Williams et consort qui vivent dans les quartiers d’à côté ça fait tache dans le Londres pour rupins qu’ont construit 40 années de politiques libérales.

Pour se débarrasser de cette boursouflure dans le quartier les hommes politiques ont créé les conditions de ce drame par des choix qui ont conduit à laisser se délabrer la tour et à en faire un lieu où il est dur de vivre pour en chasser progressivement les habitants. Ascenseur en panne, rénovation en trompe l’œil, sécurité incendie défaillante, les habitants de la tour se sont souvent mobilisé pour obtenir des pouvoirs publics un habitat digne et sur comme en témoigne les nombreux articles sur le sujet d’un des blogs des habitants du quartier.

Les conservateurs qui étaient jusqu’aux élections de la semaine dernière majoritaires au conseil municipal de ce quartier n’ont jamais donné suite aux nombreuses revendications des habitants y compris quand ils demandaient le passage de la commission de sécurité incendie pour se prémunir des risque que faisait courir la rénovation de la tour. Ces élus grands défenseurs du libéralisme économique ont su écouter les résidents des quartiers alentours qui trouvaient cette tour trop moche. Il faut les comprendre cette tour défigurait le beau paysage de Notting Hill et Kensington. Alors pour mettre un coup de ripolin sans concertation avec les habitants ils ont su trouver des livres sterling. Pour masquer la laideur du béton aux bourgeois, ils ont fait recouvrir le bâtiment d’une couche de plastique pour faire moderne en arguant que cela permettait d’isoler mieux le bâtiment. Tout dans cette rénovation imposée aux habitant a inquiété les résidents : choix des matériaux, absence de sortie de secours, alarme insuffisante, plan d’évacuation inexistant…

Quand dans la nuit de mardi à mercredi, l’incendie s’est déclaré. La couche de plastique qui entourait le bâtiment s’est enflammé comme un feu de paille. Les habitants se sont retrouvés pris au piège dans une boite d’allumettes.

Dans ces ruines fumantes où ont brûlé des êtres humains il y a la haine de classe, le mépris raciste et tout le cynisme des promoteurs du libéralisme économique qui à Paris comme à Londres tuent.




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