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Débats

Le vrai visage de leur « démocratie »

Luc Ferry aurait fait écraser la Commune de Paris

Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation, s’est fait remarquer en déclarant sur Radio classique que les policiers devraient « se [servir] de leurs armes » appelant ainsi ouvertement au meurtre des manifestants jugés « violents », quand bien même ceux là n’ont que leurs poings pour se défendre.

Illustration : © Saint-Denis, musée d’art et d’histoire - Cliché I. Andréani

La prétendue violence des manifestants : une vielle rengaine de l’ordre établi

Depuis le 17 novembre dernier en France, avant si l’on prend en compte les manifestations des gilets jaunes sur l’île de la Réunion, la propagande gouvernementale et médiatique se met progressivement en place pour dénoncer la « violence » et même « l’hyper-violence » de nombre de gilets jaunes aussi nommés « casseurs », venus selon eux avec « la volonté de tuer ». Ce discours est un grand classique des pouvoirs en place afin de justifier leur propre violence, véritable celle-là, organisée et systématique.

Ainsi Christophe Dettinger, l’ex-boxeur filmé affrontant les gendarmes sur le pont Leopold Sédar Senghor, dépourvu de toute arme, apparait-il aux yeux de Luc Ferry comme un ennemi suffisant menaçant pour ordonner l’usage des armes et le renfort de la « quatrième armée du monde, capable de mettre fin à ces saloperies ».

Ces propos rappellent froidement la violence aveugle dont sont capables les élites pour mater les révoltes et les révolutions et les propos d’Adolphe Thiers, responsable de l’écrasement sanglant de la commune de Paris au mois de mai 1871. Celui-ci déclarait en effet le 15 mai : « Paris sera soumis à la puissance de l’Etat, comme un hameau de cent habitants ». La répression causera la mort de 30 000 communards lors de la semaine sanglante et près de 40 000 seront par la suite fusillés, déportés ou enfermés.

Derrière les propos abjectes de Ferry le chien de garde, des voix s’élèvent en faveur de la répression brutale

Le mouvement des gilets jaunes commence à attirer contre lui toute la véhémence des élites économiques, politiques et médiatiques de plus en plus inquiètes face à la détermination impressionnante des manifestants et prises de court lors du franc succès de la journée du 5 janvier dernier. Le très respectable journal Les Echos, détenu par Bernard Arnault patron du groupe LVMH et première fortune d’Europe, déclarait à l’issue de la manifestation : « l’Etat seul possède ce monopole de la force. Il n’y a nul scrupule à l’exercer. Le gouvernement doit même se préparer à l’exercer plus durablement, plus fermement ».

A peine masqué, l’éditorial se réjouit de voir « la République enfin prête à s’armer pour se défendre » contre les manifestants. Mais la tranquillité des élites, c’est le désespoir des classes laborieuses. Très vite l’éditorial en vient au fait : « Cette urgence politique est devenue une priorité économique, tant les dégâts sur le commerce et la croissance sont déjà considérables ». Le but de Macron, de son gouvernement et des patrons c’est de retrouver un climat de « calme » c’est-à-dire de soumission pour pouvoir relancer le train des réformes néolibérales et de l’exploitation. Contre la brutalité de la répression, il nous faut donc nous défendre, dans les manifestations et en dehors, à l’image de l’énorme élan de solidarité envers Christophe Dettinger.




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