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Société

#GiletsJaunes

Lucie, blessée au flashball : “Ne vous étonnez pas si les gens apprennent à se défendre”

La journée de mobilisation du 1er décembre a de nouveau marqué les esprits, par la violence de la répression policière. Lucie y participait à Paris, pour filmer, donner la parole aux Gilets Jaunes pour contredire la propagande médiatique. Elle a commencé à militer pendant la loi travail et à Nuit Debout, en particulier sur le terrain de l’antispécisme. Ce samedi, elle a finit sur le banc des blessés, atteinte par un tir de flashball. Nous relayons son témoignage.

“Ce samedi, je faisais des interviews des gilets jaunes et je filmais des affrontements. A un barrage de CRS, je me retrouve cachée derrière un bloc de béton avec un vieux monsieur que je ne connaissais pas, 68 ans. Il me dit qu’il vient de Verdun, qu’il a fait la route cette nuit pour immortaliser ce jour historique avec son vieil argentique. Ce jour, il le rêve insurrectionnel, comme toutes les personnes venues de partout en France ce matin-là. Il ne peut pas retourner à sa retraite merdique avec laquelle il peine à vivre. Il n’a plus rien à perdre.
Alors que nous nous rencontrons, nous croyant à l’abri des tirs de la police, on se prend une pluie de grenades par derrière. En fuyant tous les 2, je me prends un impact. Ils nous tirent dessus au flash ball...
C’est la 3eme fois de ma vie que je me fais mutiler en manifestation. J’ai vraiment hâte que la France ne soit plus le seul pays européen à utiliser ces merdes contre sa population.
J’ai rencontré dans la journée des journalistes étrangers complètement ahuris par la violence déployée par la police française, ce qui provoque évidemment une escalade de la violence.”
Ne vous étonnez pas si les gens apprennent à se défendre et à s’armer, à force d’être défigurés, à force d’enlever des yeux à des gamins, d’arracher des bras à des parents, de gazer des vieux et des enfants.”

Les gilets jaunes, c’est ceux qui se lèvent tôt et à qui le monde n’appartient pas

“Les gilets jaunes, c’est ceux qui se lèvent tôt et à qui le monde n’appartient pas.
Toutes ces personnes qui m’ont raconté leurs vies, de quelle façon c’était compliqué de trouver l’argent pour le bus qui monte à Paris (parfois on trouve des sous en cotisant avec des amis, ou bien les parents payent le billet, pour avancer le cadeau de Noël). Comment ils sont sous-payés et se rendent bien compte qu’ils sont pris pour des abrutis par un banquier prétentieux au service des riches, sans aucune considération pour la misère sociale.
Pour la majorité, il n’est pas question de pouvoir d’achat, mais de prétendre à une vie décente.
Au passage, je me rends compte à quel point je suis privilégiée de ne pas être dans leurs situations...
Je la souhaite plus que tout et plus que jamais cette insurrection et elle ne se fera pas dans la dentelle !
Elles sont manutentionnaires, infirmières, cheminotes, boulangères ou mères au foyer....
Ils sont soudeurs, chômeurs, chauffeurs de bus ou ouvrier...
Et ces gens-là vont mettre une raclée à ce gouvernement !
Elles et Ils reviendront chaque semaine.
Et si je remarche d’ici là j’en serai”.

Nous vous invitons à nous transmettre vos témoignages, photos et vidéos, par message privé sur les réseaux sociaux ou par mail à siterevolutionpermanente@gmail.com.




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