Notre classe

Licencié pour trois fois rien

Ludovic, ouvrier et père de 3 enfants, licencié pour avoir défendu ses collègues sur facebook

Publié le 20 septembre 2016

Damien Bernard

En Belgique aussi, on licencie pour trois fois rien. Dans les médias, l’on parle généralement et à juste de titre des licenciements massifs qui ne cessent de s’enchainer. On peut notamment citer le drame national qui se joue encore aujourd’hui avec la fermeture du site de Caterpillar à Gosselies. En parallèle, d’autre véritable drame se jouent. Traité comme de vulgaires faits divers, ce sont pourtant, des licenciements perlés par dizaine voire par centaines qui sont en jeux, supprimant eux-aussi des postes, venant aggraver le chômage de masse. C’est le cas notamment de Ludovic, licencié ce lundi, pour avoir défendu ses collègues sur facebook.

Ludovic, ouvrier depuis 8 ans, a été licencié en début de semaine. Père de trois enfants, « on lui a fait signer son C4 en menaçant de le virer pour faute grave s’il ne signait pas », déclare un représentant de la délégation syndicale CSC de l’entreprise. Et tout a été « bouclé » en moins d’une journée. Lundi matin, pourtant en vacances, le salarié a été appelé par la direction de l’entreprise de châssis et menuiserie Gaume installée à Montignies-sur-Sambre. Il devait se rendre immédiatement dans les bureaux de la direction, chose qu’il s’exécute. Et là, la sentence tombe : c’est un C4. Renvoyé pour un motif particulier.

Le motif est le suivant explique les syndicalistes CSC de l’entreprise : « Il est ami sur facebook avec quelqu’un qui a posté un message signifiant qu’il était particulièrement mécontent des châssis que la société Gaume était venue mettre chez lui. Ludovic, voyant le post facebook, a répondu dans les commentaires en disant qu’il ne fallait pas mettre en cause le travail des employés. » Ce commentaire sur facebook était apparemment était de trop pour la direction. « Le patron, Alain Gaume, a assimilé la critique à Ludovic et n’a pas apprécié qu’on ternisse l’image de son entreprise ».

Après huit années d’exploitation et de travail quotidien acharné, un commentaire sur facebook pour défendre ses collègues, qui plus est dans une affaire qui n’a en rien un rapport avec sa direction, suffit pour licencier Ludovic et le condamner au chômage. Le tout en une journée. Comme de nombreux travailleurs, ce père de trois enfants, est licencié pour trois fois rien, le tout au nom de leur profit. En réponse, les travailleurs ont décidé de taper un coup et de faire une action ce mardi. Une fois de plus, face à la dictature patronale, nous ne pouvons que répondre collectivement pour défendre nos emplois !

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