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Jeunesse

« Culture pour tous, respectez nos droits !

Lycéen-ne-s du 93 : viré-e-s du musée d’Orsay, matraqué-e-s devant leur bahut, interpelé-e-s par les flics

La semaine dernière, une enseignante du lycée Utrillo à Stains (93) livrait un témoignage poignant sur l'accueil réservé aux élèves des quartiers populaires lorsqu'ils osent quitter le territoire qui leur est assigné. L'enseignante a poussé un cri de colère sur sa page facebook qui a fait le tour les médias, racontant la manière dont elle et ses élèves ont été jetés du musée d'Orsay. Hier, jeudi, alors qu’ils protestaient, c’est à coups de flash-ball que la police a répondu à leur malaise. Elise Duvel

Jeudi matin, les lycéen-nes décidaient de manifester devant leur lycée contre les discriminations qu’ils subissent au quotidien :« Elèves du 9-3, culture pour tous, respectez nos droits » , « Au lycée, au musée, j’ai ma place ».Voici ce qu’on pouvait lire sur les pancartes fabriquées par les élèves.Le personnel du lycée mais aussi quelques parents étaient présents à leurs côtés.

Cette mobilisation s’inscrit pleinement dans le mouvement « touche pas à ma zep » dans lequel les personnels du lycée Utrillo se mobilisent depuis la rentrée scolaire, contre la destruction de l’éducation prioritaire dans les lycées et qui exige l’extension de la carte de l’éducation prioritaire tout en dénonçant l’abandon de ces quartiers par l’Etat.

Mais lorsque des jeunes des quartiers protestent, très vite, la police intervient pour les faire taire et leur interdire de manifester. A Utrillo, les lycéen-nes ont fait l’expérience de ces violences devant leur lycée : gaz lacrymogènes et flash-ball, plusieurs ont été mis en joue.

Mais ce sont surtout au moins cinq élèves qui ont été interpellés : strangulation à l’aide de matraques, clés de bras, coups de genoux dans les côtes, tout le savoir-faire policier y est passé. Les élèves interpellé.es étaient, jeudi soir, encore gardés-à-vue.

Ces méthodes peuvent conduire jusqu’à la mort. L’assassinat d’Adama Traoré cet été par des gendarmes est le dernier exemple tragique des pratiques répressives quotidiennes dans les quartiers auxquelles on se heurte systématiquement dès lors que l’on veut lever la tête.

Ces arrestations ont pour but de dissuader les lycéens de se mobiliser, d’exercer ainsi leur liberté d’expression, leur droit à manifester, de les confiner à leur ghetto. Mais les élèves du lycée accompagnés des personnels de l’établissement n’ont pas l’intention de se taire. Ils comptent bien poursuivre, après les vacances, leur mouvement, pour l’abandon de toute charge à l’encontre des lycéens interpellés et le droit à l’égalité des chances pour toutes et tous.




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