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Politique

Cérémonie d’investiture

Macron. La monarchie républicaine dans toute sa splendeur

Tout au long de sa cérémonie d’investiture, Macron aura donné à voir une image particulièrement emblématique de la monarchie républicaine. Bien loin du « renouveau » que celui-ci prétend incarner.

Tous les cinq ans, chaque investiture de président sous la Ve République donne lieu à un étalage de luxe et de faste aux allures martiales. Mais il faut reconnaitre que, cette année, Emmanuel Macron aura poussé l’exercice particulièrement loin. Un numéro de monarchie républicaine décrit par Laurent Joffrin dans son carnet de campagne :

« Tapis rouge immaculé, gardes républicains au casque désuet et scintillant, nouveau carrosse, une DS7, aimablement et gracieusement offert par PSA, fournisseur officiel de la couronne, Marseillaises tonitruantes, proclamation officielle par le président du Conseil constitutionnel qui tient le rôle naguère dévolu à un archevêque, collier de Grand-Croix de la Légion d’honneur qui remplace la couronne, le sceptre et la main de justice jadis remis au nouveau monarque, discours solennel qui fait office de serment au royaume, remontée puis descente des Champs-Elysées sous les acclamations du bon peuple, convié comme il l’était à Reims, visite protocolaire à la mairie de Paris, qui rappelle les liens particuliers entre le souverain et sa capitale, deuxième discours solennel du président, lequel s’assoit, pendant la cérémonie, sur un trône à dorures et velours rouge sur lequel on remarque une couronne brodée qui surmonte l’emblème de Paris. Il n’y manque que l’oint du seigneur, l’envol d’une colombe et la guérison des écrouelles… »

Une chose est sûre, on est bien loin du « renouveau » politique annoncé en grande pompe par le nouveau Président. Les différences avec ses prédécesseurs semblent plutôt aller dans le renforcement de cette monarchie républicaine et de ses méthodes. À l’image de la grande entreprise de recyclage politique de celui qui voudrait faire investir par son mouvement la République en marche El Khomri, Le Foll et Touraine. Ou encore des casseroles de son fraichement nommé Premier ministre, Edouard Philippe, bien loin de la « moralisation » de la vie politique que Macron promettait.

D’ailleurs, le projet politique d’Emmanuel Macron prévoit bien le renforcement des traits les plus autoritaires de la Ve République. Celui-ci prévoit d’ores et déjà de faire passer ses attaques par ordonnances. Rappelons aussi que c’est le nouveau Président qui a pointé lors de son débat du 3 mai avec Le Pen, comme l’avait fait Valls, les «  groupes d’extrême-gauche », sans oublier de répondre à celle-ci qu’il dissoudrait tous les groupes « violents », anti-républicains, antifas, etc. Et le nouveau monarque compte également maintenir l’état d’urgence permanent, augmenter les effectifs de police, ou encore renforcer drastiquement les moyens de surveillance généralisée de l’État français.

Il convient néanmoins de faire une différence avec les monarques de l’Ancien Régime. Car si Macron est bien un roi, c’est davantage celui de la finance que du monde agraire. Celui dont la campagne a été largement aidé par les réseaux financiers à l’échelle internationale, la nomination d’un ancien avocat d’affaires et ex-directeur des relations publiques chez Areva au poste de Premier ministre montrent bien la nature du projet de Macron. Pour l’ancien banquier de Rodstchild qui rêve d’ubériser la France, de casser le Code du travail, la Ve République et sa monarchie républicaine sont taillées sur mesure.

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