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Politique

Loi travail 2.

Macron : Les consultations avec les syndicats "se sont bien passées", "je ne leur ai rien dit"

Tout le monde semblait content de la série de rendez-vous de mardi dernier concernant la nouvelle loi travail. Dans la journée, le nouveau président a commenté le bon déroulement de ces rencontres avec un ‘’ben c’est normal, parce que je ne leur ai rien dit !’’ …

« Fais gaffe au micro là »

C’est sur les images diffusées par Le Quotidien, que l’on a pu voir Emmanuel Macron, accompagné de son premier ministre, de Jean-Yves Le Drian et de Marielle de Sarnez (ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes) en direction de l’ambassade de Grande Bretagne.
Emmanuel Macron relate sa matinée : « Bon, ce matin j’ai fait les premières concertations. Elles se sont bien passées ! », puis à une question (inaudible au micro) de Le Drian, le président répond : « Oui ! Ben c’est normal, parce que je ne leur ai rien dit ! »

C’est une illustration de plus des manœuvres politiques du nouveau gouvernement qui, à l’approche des législatives, préfère temporiser l’annonce des mesures concrètes de la nouvelle loi. En effet, avec cette nouvelle loi Travail, le gouvernement avance en terrain miné comme l’illustre notamment le dernier sondage Odoxa qui affirme que près de 66% de la population comprendrait un vaste mouvement de grève

La réponse du ministre de l’intérieur ne s’est pas faite attendre. « Fais gaffe au micro là », en bon politicard qui a l’habitude de ne pas commettre ce genre ‘’d’erreur’. On n’entend d’ailleurs pas ses propres propos sur cette vidéo.

Quel que soit l’état de l’art de cette loi Travail, il est déjà clair qu’elle constituera une offensive majeure contre le les travailleurs et la jeunesse, en approfondissant les attaques de la loi El Khomery, jusqu’à la remise en cause du code du travail lui-même. Pourtant la réaction des syndicats a laissé pantois plus d’un travailleur.->http://www.revolutionpermanente.fr/Macron-et-les-centrales-syndicales-tour-de-chauffe-avant-le-bras-de-fer]. Même Martinez avait jugé sont rendez-vous satisfaisant car : ‘’le calendrier a l’air d’avoir bougé (...) J’ai cru comprendre que l’agenda rapide qui était prévu n’est pas aussi rapide que ce que j’avais cru comprendre » a-t-il déclaré, il parle d’un ‘’flou dans les échéances’’.

On ne peut que confirmer aujourd’hui dans quel état d’esprit est le gouvernement : il s’agit d’éviter toute étincelle qui pourrait effrayer avant les législatives. Vital pour obtenir la majorité parlementaire. Face à ce gouvernement qui n’a qu’une hâte, c’est d’avoir les coudées franches pour imposer par ordonnance les contre-réformes du patronat, ce sera uniquement sur nos propres forces qu’il faudra compter, par la mobilisation dans les lieux de travail, les lieux d’études, et dans la rue. C’est la seule façon de construire le rapport de force à même de mettre un coup d’arrêt à ceux qui veulent notre peau.




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