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Politique

Délit de favoritisme

Macron à Las Vegas : une petite fête avec les patrons pour 380 000 euros

Après la parution, cette semaine, d’un article dans le Canard enchaîné dénonçant un probable délit de favoritisme dans l’organisation d’une soirée lors du CES (Consumer Electronics Show), à Las Vegas, le parquet financier souhaite obtenir davantage d’informations avant d’engager d’éventuelles poursuites. Si Emmanuel Macron est lié à cette affaire, il semble que cela n’entachera guère sa campagne.

Rosa Potemkine

Opération séduction

 
On connaît l’enthousiasme immodéré que voue Macron au patronat, et, plus largement, au monde de l’entreprise. Aussi libéral que son passé chez les Rothschild le laisse imaginer, Emmanuel Macron s’est rendu l’année dernière à Las Vegas, au célèbre salon du Consumer Electronics Show. Sont présents à cet événement une multitude d’entrepreneurs qui présentent leurs innovations technologiques dans l’espoir d’y décrocher des contrats, comme avec l’armée américaine par exemple, ou de séduire de riches investisseurs. Ainsi, alors ministre de l’Economie, Macron est allé à la rencontre des Français présents sous le label « French Tech » afin d’y promouvoir l’ « excellence à la française ». Si jusque-là rien d’étonnant, ce sont les demandes de Michel Sapin, en 2016, puis les révélations du Canard enchaîné, ce mercredi, qui ont révélé le pot aux roses.

Une petite soirée aux frais de la princesse

 
D’après l’hebdomadaire satirique, « un hôtel très chic » a été « réservé à prix d’or » afin de gâter la fine fleur de ces nouveaux patrons high Tech comme il se doit. Ce n’est donc pas moins de « 500 personnalités » qui y ont été conviées le 6 janvier 2016. Mais surtout, toujours d’après le Canard, « cette opération de séduction, montée dans l’urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France ». Et c’est là où le bât blesse puisque cet événement n’aurait fait l’objet d’aucun appel d’offre. Ainsi, outre la bagatelle de la facture, s’élevant à 381 759 euros pour les petits fours et autres gâteries, l’agence ayant confié l’organisation de cette soirée à Havas est dans le collimateur des enquêteurs. Cependant, le parquet national financier attend d’obtenir davantage d’informations concernant ces soupçons de favoritisme, auprès de l’Inspection générale des finances, avant de donner d’éventuelles suites judiciaires.

Macron le savait-il ?

 
D’après Michel Sapin, qui avait lui-même demandé à l’Inspection général des finances d’éclaircir l’affaire, le candidat à la présidentielle serait « totalement hors de cause ». Et d’ajouter : « C’est un dysfonctionnement de Business France. Il lui appartenait, si elle considérait que les délais étaient trop courts, de dire qu’elle ne pouvait pas organiser l’événement selon les règles, ce qui n’a pas été fait ». D’autre part, l’agence Business France qui, précisons-le, a un statut d’établissement public à caractère industriel et commercial relevant entre autres de la tutelle du ministère de l’économie et des finances, a elle-même reconnu avoir fait sans doute

preuve d’irrégularité dans sa procédure. Il est donc peu probable que ce délit de favoritisme implique directement le leader d’En marche ! Cependant, il lui a directement bénéficié, ce qui n’est pas sans lien avec l’actuel soutien des éminents membres du gouvernement Hollande au banquier de Rothschild.

Ploutocratie et mépris de classe

 
Mais ce qui est certain, c’est que les 380 000 € déboursés ont dû lui rendre la soirée bien agréable quand d’autres peinent à survivre avec le RSA. Des goûts de luxe qui ne sont d’ailleurs pas que l’apanage d’Emmanuel, puisque Mme Macron également aime, semble-t-il, se faire remarquer par ses vêtements hors de prix, comme l’ont souligné Caro-line Derrien et Candice Nede-lec dans Les Macron. Et si Madame se défend en prétendant que « diffé-rentes maisons [lui] proposent des vête-ments chaque semaine [et que] pour les soirées de gala [elle] trouve cela sympa de montrer ce qu’est la créa-tion française », souvenons-nous des propos du mari : « la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler ». On n’est pas à une contradiction près… Alors quand certains ont des emplois fictifs bien payés, des vêtements de luxe sans travailler, et qu’ils se permettent, avec ce mépris de classe, de dire que les chômeurs qui ne souhaitent qu’un travail décent sont des assistés, on se dit qu’il est grand temps de tous les dégager !




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