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Politique

Un agenda chargé

Macron avance plein tube ! Une dizaine de réformes prévues pour le 1er semestre 2018

Après les réformes par ordonnances du code du travail cet été, Macron s'engage dans de nouvelles modifications pour le début de l'année 2018.

Crédits photo : Getty Images

Réforme économique et sociale, d’abord, concernant les assurances chômage : le gouvernement compte ouvrir le droit au chômage à l’ensemble des travailleurs, salariés comme indépendants, et à toutes les situations, licenciements ou démissions. Un tournant à gauche ? Pas vraiment, quand on voit que la réforme s’accompagne d’une profonde refonte des cotisations qui alimentaient l’assurance chômage : suppression des cotisations sociales, mais hausse de la CSG – c’est-à-dire payée également par les retraité/e/s. Et l’Etat entend intervenir en premier lieu dans la gestion de ces fonds. A terme, ce qui se profile, c’est la fin de tout le système d’assurance chômage, qui sera remplacé par une allocation, versée par l’Etat. Et tout cela s’accompagne, évidemment, du contrôle renforcé des chômeurs.

A venir aussi, le PACTE comme « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » : sur la proposition des chefs d’entreprise, le gouvernement entend intéresser les salariés aux résultats de leurs sociétés, en développant l’actionnariat salarial. Deux effets : les salaires subiront la flexibilité des échanges d’actions sur les marchés financiers ; et le modèle de l’actionnariat devient la norme, ce qui n’est qu’une nouvelle manière de le légitimer.

Sur le logement, après la suppression de 5€ pour les APL à la fin de l’été, le gouvernement entend vendre une partie du parc HLM, faire fusionner les organismes gestionnaires du parc social et aligner le marché de l’immobilier sur les normes des marchés financiers, en simplifiant les normes et en accentuant la fluidité du marché, c’est-à-dire en contradiction directe avec le droit au logement pourtant vanté par le gouvernement et les différentes communications de Macron sur les personnes à la rue.

Enfin, une police de « sécurité du quotidien » doit être mise en place, nouvelle doctrine d’emploi de la police dont Collomb souhaite qu’elle soit « sur mesure » et « connectée » (le ministre prévoit de fournir des tablettes aux policiers pour les recherches d’identité). Elle s’accompagne du recrutement annoncé de 10.000 policiers et gendarmes ainsi que de l’acquisition de 10.400 caméras piétons supplémentaires, venant compléter le dispositif de 2.800 caméras en place sur le territoire. Une police décidément très proche, de plus en plus armée, et dotée des moyens exorbitants que lui offre la loi sur la lutte antiterroriste.

Sans doute galvanisé par une victoire objective lors de la rentrée sociale de 2017, Macron entend donc poursuivre son offensive contre les acquis des travailleurs en ce début d’année 2018. Le « président des riches » a gagné en légitimé auprès de secteurs des classes dominantes jusqu’ici sceptiques sur ses capacités à mener les contres réformes structurelles dictées par le Medef. Dans ce cadre, l’incapacité des centrales syndicales à proposer un plan de bataille cohérent face à la loi travail XXL est évidemment un signe encourageant pour Macron et son gouvernement. Nul doute qu’en 2018, il sera nécessaire d’imposer, par la base, un plan de riposte contre les attaques à venir.




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