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Macron cherche à renforcer l’alliance avec la monarchie émiratie

Ce mercredi, Emmanuel Macron se rendra aux Émirats Arabes Unis (EAU) afin d’inaugurer le Louvre d’Abu Dhabi et de continuer les affaires.

Abu Dhabi est la capitale des Émirats Arabes Unis. Elle est située dans le plus puissant des Émirats. La France a toujours développé ses relations dans le Moyen-Orient, que ça soit sous le gouvernement de Sarkozy avec le Qatar, ou celui de Hollande avec l’Arabie Saoudite mais aussi avec les EAU : François Hollande a rencontré à cinq reprises le prince héritier d’Abou Dhabi Cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane entre 2012 et 2016. Et l’actuel chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian s’y est rendu une bonne dizaine de fois comme ministre de la Défense. Macron semble vouloir continuer dans cette dynamique. Mais la visite de Macron n’est pas juste dans le but noble d’inaugurer un musée. La France a des intérêts stratégiques et économiques à avoir de bonne relation avec les Émirats.

Le projet du Louvre d’Abu Dhabi a débuté en 2007 et est enfin terminé. Les plans ont été dessinés par l’architecte français Jean Nouvel, et la construction du musée, estimé initialement à 582 millions d’euros, a été financée par Abu Dhabi. En 2007, sous la présidence de Jacques Chirac, l’Élysée annonçait que ce musée allait permettre de « créer un pont entre l’Orient et l’Occident ». C’est un projet qui permet à la France et aux Émirats d’avoir une coopération culturelle et éducative. Éducative aussi, car l’école Paris Sorbonne-Abu Dhabi s’est implantée en 2006, et enseigne les sciences humaines et sociales, mais également du droit et de l’économie. L’inauguration du musée devra marquer l’aboutissement d’un programme culturel franco-émirien qui aura permis, depuis mars 2016, de mettre en valeur la coopération culturelle et artistique entre la France et les Emirats.

Mais la France n’a pas qu’un but culturel. Elle a aussi un intérêt militaire à garder de bonnes relations avec les EAU. A l’étranger, la France ne possède qu’une seule base militaire en dehors de l’Afrique et elle se trouve à 30 km au sud d’Abu Dhabi. C’est donc un élément clé pour sa domination dans le Moyen Orient. La base aérienne Al Dhafra abrite aussi des forces américaines et permet à la France de mener des actions militaires dans toute la zone géographique. Les Émirats ont signé un accord de défense avec la France en 1995, renforcé en 2009 avec l’implantation d’une base militaire. Il y avait à l’époque une ancienne base militaire française aux Émirats, mais elle a cessé ces activités militaires en 1984. Ainsi les relations entre les deux pays sont importantes. Depuis 2016, il y a eu sept visites ministérielles françaises aux Émirats Arabes Unis.

La France a un autre intérêt, il est économique. Les Émirats sont le deuxième débouché en matière d’exportation française dans le Golfe. Les trois premiers secteurs exportateurs sont les biens de consommation, les biens d’équipements et les matériels de transports. Tandis que les Émirats exportent vers la France, majoritairement, des hydrocarbures.

La coopération Émirats-France, à la base, était limitée aux hydrocarbures et à la sécurité. Aujourd’hui, elle a évolué. Elle est aussi culturelle et universitaire, puis il y l’installation de bases militaires françaises permanentes. Cette relation est tendue, les Émirats ayant des tensions avec d’autres pays du Moyen-Orient comme le Qatar.

Dans un contexte régional très bouleversé et tendu, pour l’impérialisme français il est fondamental de pouvoir compter avec des alliés. Or, la politique de vouloir s’entendre avec tous les acteurs en jeu, y compris l’Iran avec lequel les multinationales hexagonales comptent faire des affaires, trouvera une limite importante si les tensions et frictions s’accentuent.

Crédits photo : AFP




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