^

Politique

Discours présidentiel

Macron entend la colère des Gilets jaunes… mais il s’en fiche

Ce 27 novembre, Emmanuel Macron prenait la parole, 10 jours après le début du mouvement des Gilets Jaunes. Un discours creux, qui n’apporte aucune réponse de fond à la colère sociale.

Une heure de discours, beaucoup d’abstractions et la proposition d’une concertation dans les trois prochains mois à propos de la transition écologique, ainsi que d’une taxe flottante aux contours flous. L’allocution du président de la République, ce 27 novembre, a de quoi décontenancer. Un discours en deux temps, privilégiant d’abord la question de la transition écologique pour justifier, au fond, la hausse des taxes sur les carburants. L’objectif ? Montrer que le gouvernement « maintient le cap » au mépris de la contestation actuelle.

Macron n’a pas manqué de tomber dans le cynisme, en particulier sur la question du service des transports publics. Après avoir torpillé le rail public avec la réforme du ferroviaire, Macron cherche à s’afficher comme le grand défenseur du transport en commun ! Une sacrée pirouette, alors que des lignes dans les petites villes et en milieu rural ne cessent de fermer…

Si Macron a dans un premier temps tenté, tout en restant relativement vague, de prendre de la hauteur, ce qui ressort, c’est bien que si Jupiter affirme vouloir changer la méthode, il ne changera rien à son cap politique.

Une réalité qui porte directement un coup à l’annonce phare du discours : la mise en place d’une concertation de 3 mois sur la transition écologique incluant élus locaux, syndicats, associations, dirigeants patronaux et des représentants des Gilets Jaunes. En d’autres termes, une annonce qui exprime directement la volonté de changer la forme visant à imposer les réformes de Macron. Pas sûr néanmoins que cela convainque en « profondeur ».

Enfin, Macron a, comme attendu, cherché à apparaître à la fois « à l’écoute », allant jusqu’à affirmer « partager la colère » des Gilets Jaunes, tout en se montrant inflexible vis-à-vis des prétendus « casseurs », cherchant même à se présenter comme une forme de garant contre les « récupérateurs ». Une position qui ne peut qu’attiser la colère, et les premières réactions sur les piquets de Gilets Jaunes en attestent, car c’est bel et bien la promesse de plus de répression qu’a fait Macron, et ce alors que les CRS ont « balancé » plus de 5000 grenades sur les Champs Élysées samedi dernier, soit une toutes les 8 secondes, et que de nombreux Gilets Jaunes ont été gravement blessés.

Un discours totalement creux en somme, cherchant à agiter la carotte de « l’inclusivité » des Gilets Jaunes par l’intégration des porte-paroles tout récemment désignés dans les négociations tout en disant clairement qu’il ne changera rien sur le fond et sans en rien répondre au problème plus général du pouvoir d’achat. Le mouvement des Gilets jaunes a intérêt dans ce contexte à maintenir et à intensifier la mobilisation, en l’élargissant à d’autres secteurs des travailleurs et de la jeunesse et en la structurant de façon à ce que la base conserve le contrôle sur le mouvement et sur toute éventuelle négociation.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Emmanuel Macron   /    Politique