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Politique

Chef de guerre

Macron fait une nouvelle déclaration d’amour à l’armée française à Istres

Le président Macron et son tout nouveau chef des états majors des armées, François Lecointre, étaient en déplacement à Istres ce jeudi 20 juillet, pour aller à la rencontre des troupes après l’éviction du général Pierre de Villiers.

Crédit photo : Arnold JEROCKI / POOL / AFP

En déplacement aujourd’hui à Istres (Bouches du Rhône) Emmanuel Macron a une fois encore joué les chefs d’armée devant un parterre de militaires, accompagné par le nouveau chef d’état major et la ministre de la défense. Avec une fin de semaine dernière chargée du côté de la défense, suite aux propos de l’ancien chef d’état major Pierre de Villiers, la posture martiale de Macron lors du 14 juillet, puis la démission du même chef d’état major hier, Macron a ressenti le besoin de reprendre en main les troupes en leur tenant un discours « stratégique » sur les perspectives de la défense française.

Entre éloges, félicitations et promesses d’augmentation du budget, Macron cherche manifestement à panser les plaies qu’a ouvertes la récente querelle sur la loi de finance 2017. En 2018 il a promis de porter la part de la défense à près de 35 milliards d’euros, soulignant que ce serait le seul budget public qui connaîtra une augmentation – puisque pour les autres domaines, c’est-à-dire Santé et Education Nationale entre autres, l’austérité fait loi.

L’armée échappera donc en 2018 aux restrictions budgétaires qui concernent l’ensemble des politiques publiques, et Macron est essentiellement venu à Istres pour s’excuser de ne pas être capable de le faire plus tôt. Célébrant la force de dissuasion nucléaire française, jouant la corde sensible face aux difficultés de la vie militaire, on a vu celui qui se présentait comme un chef la semaine dernière jouer cette fois les gestionnaires consciencieux et chercher à rallier à sa cause les représentants de l’armée.

Dans le contexte des lois Collomb qui ont rendu l’Etat d’urgence ordinaire désormais, avec l’opération Sentinelle qui mobilise les militaires dans toutes les villes françaises, et avec le bruit de fond du FN qui connote notre époque, rien d’étonnant à ce que Macron cherche à se concilier autant qu’il peut la faveur de ceux qu’il a malmenés la semaine dernière : non seulement il veut apparaître comme le chef, mais il est venu reconnaître publiquement cette fois qu’il a réellement besoin d’être soutenu par les militaires français. Car même élu, Macron sait bien que sa légitimité ne tient qu’à un fil, alors autant faire qu’il soit blindé, surtout dans la perspective de suivre, plus franchement encore que ses prédécesseurs – et en accéléré – l’agenda de la bourgeoisie. Après « le sabre et le goupillon », voilà venu le temps de la matraque et du char d’assaut. Si tu veux la paix, prépare la guerre, comme disent les grammaires latines : Macron, et la bourgeoisie avec lui, veut pouvoir exploiter et dominer tranquille, sa déclaration d’aujourd’hui n’ayant pas d’autre finalité que de s’assurer les moyens de cette tranquillité.




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