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Politique

Acte VI

Macron fête Noël avec les militaires au Tchad, loin des Gilets Jaunes

Alors que l'acte VI des Gilets Jaunes se déroulait samedi dernier, Macron était au Tchad pour faire une revue des troupes au service des intérêts du grand patronat français.

Samedi dernier, alors que la mobilisation des gilets jaunes se poursuivait et qu’ils étaient toujours mobilisés à Paris et partout ailleurs, contrairement à ce que les médias veulent faire croire, Macron était une fois de plus loin des événements. En visite au Tchad, sur la base de Kossei, près de N’Djamena, pour rendre visite aux soldats de l’opération Barkhane, le président des riches a passé le réveillon de Noël en compagnie d’un millier de soldats chargés de veiller aux intérêts des multinationales françaises dans la région sahélienne.

Pendant le repas, aucune mention des gilets jaunes de la part du chef de l’Etat. Tous ses propos allaient vers les militaires en guerre contre l’« obscurantisme » et la lutte contre le terrorisme que l’attentat de Strasbourg a remis dans toutes les têtes et que l’Etat a voulu instrumentaliser pour faire taire la contestation des gilets jaunes. Parmi ses allocutions, Macron a même rappelé qu’« il n’y aura aucune économie faite sur la défense, nos armées et la loi de programmation militaire », à l’heure même où le gouvernement va verser 3,6 milliards d’euros pour renouveler les satellites militaires, et ce en plein acte VI des gilets jaunes contre la vie chère.

En effet, le mouvement des Gilets Jaunes a ouvert une crise profonde pour le gouvernement et pour Macron en particulier. Plus que jamais le régime doit s’appuyer sur ses forces de répression. Ces annonces ne sont aucunement un hasard ; au contraire, elle sont chargées de sens politique et expriment l’inquiétude du gouvernement.

Au moment où Macron s’est exprimé au micro de BFMTV sur les gilets jaunes et les événements survenus lors de l’acte VI, c’est pour affirmer que « c’est maintenant l’ordre, le calme et la concorde qui doivent régner » tout en soutenant que les violences, évidemment pas celles commises par la police, trouveraient « les réponses judiciaires les plus sévères ». Dans la droite lignée de son allocution du lundi 10 décembre, le chef de l’Etat a stigmatisé le mouvement par les violences tout en appelant à « apaiser les divisions », ce que les miettes qu’il a données ne sont pas prêtes de faire. L’ironie du sort dans les propos de Macron, c’est que le « besoin de concorde, d’unité, d’un engagement sincère pour des causes collectives fortes » auquel il appelle est en train de se passer mais contre lui et sa politique au service des riches.




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