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Politique

Royales ordonnances

Macron ouvre les portes de Versailles aux grands patrons des multinationales

Une fois de plus, le président des riches investit Versailles. Le chef de l’État a profité du sommet de Davos en Suisse cette semaine pour réunir plus de 100 chefs d'entreprises parmi les plus importants au monde. Objectif : entériner la mise en place des ordonnances pour redonner confiance aux investisseurs.

La victoire de Macron et de sa loi Travail XXL passée par ordonnances devait trouver son point d’orgue dans une rencontre internationale des plus grands patrons du monde à Versailles, lieu symbolique du pouvoir absolu. Le choix du lieu n’était donc pas anodin pour signifier aux 140 patrons de firmes étrangères, qui sont parmi les plus importantes sur le marché mondial, que le néo-libéralisme a bien pris racine en France et qu’il est temps d’en profiter. Mettant les petits plats dans les grands, Macron a mobilisé l’essentiel de son gouvernement et est venu en personne pour rencontrer et donner confiance aux entrepreneurs qui pourront trouver en France une terre d’accueil pour leurs bénéfices.

Comme le souligne le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, « il faut attirer les premiers de cordée » afin que l’économie française retrouve sa place dans l’économie mondiale. Fidèle à la terminologie du chef de l’État, le porte-parole entend faire croire que les 3,5 milliards d’euros d’investissement vont être une aubaine pour les travailleurs français avec les 2200 emplois à la clé qui vont avec. Or, si l’on en croit Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, « certains projets n’auraient pas vu le jour sans les réformes que nous avons menées ». Tout porte donc à croire que c’est davantage les perspectives de profit sur un marché du travail enfin libéré du code du travail et flexibilisé dans le sens des intérêts du patronat qui a motivé les multinationales à investir.

La réduction de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % – ce qui devrait représenter une perte effective de 15 à 17 milliards d’euros par ans pour l’État, d’ici la fin du quinquennat – couplé à une dispense temporaire de paiement des cotisations d’assurance-vieillesse pour les nouvelles entreprises, ont de quoi réveiller les appétits du patronat du monde entier.

Il suffit également de regarder où les nouvelles entreprises ont décidé de s’installer pour voir que c’est le passage en force des ordonnances et la flexibilisation des conditions de travail qui les a avant tout intéressé. 300 millions dans une usine proche de Valenciennes, une usine de découpe de fruit dans la Somme, une extension de production de bâtonnets glacés à Arras, une usine de viennoiseries dans la Manche : les entrepreneurs savent cibler les bassins de chômages pour y imposer leurs conditions d’embauche et de travail en profitant de la misère locale.

Macron poursuit donc son travail de président des riches et profite de la dynamique de Davos et du prestige de Versailles pour imposer son calendrier néo-libéral aux travailleurs. Derrière ce « Choose France » (Choisir la France), c’est toute la dynamique des ordonnances qui se trouve validée pour les grands patrons du monde.

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / AFP




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