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Politique

Quelques nouvelles de la rue

Macron, premier avertissement !

Même les premiers de la classe, parfois, se font reprendre. Pour le 1er mai, c’est un premier avertissement que, très largement, les manifestants ont adressé au candidat d’En Marche, favori des sondages… et du patronat.

Après « Je suis Charlie », il n’y avait, hier, que très peu de « Je suis Emmanuel », si ce n’est dans le cortège parisien, exsangue, de la CFDT, UNSA et de la Fage. Partout ailleurs, c’est sous le signe de la combativité que nous avons défilé.

Quelle responsabilité ?

Alors, bien entendu, il y a tous ces « appels à la responsabilité » et à faire barrage au Front national. Mais nulle part on a vu le raz-de-marée de 2002 où il se disait qu’on allait se rendre aux urnes avec une pince-à-linge sur le nez. En dépit des condamnations d’un Philippe Martinez, qui a violemment rejeté les positions de ceux qui, au sein de la CGT,refusent de choisir entre la peste et le choléra, nombreux sont les manifestants qui, le 1er mai, ont affirmé, par leur mobilisation, leur détermination à se battre contre l’extrême droite et contre l’ensemble des politiques qui font son lit, à commencer par le macronisme, cet enfant du quinquennat socialiste que Hollande veut nous laisser en héritage.

Nous ne sommes pas responsables du score du FN. Eux si !

Au sein du Medef, chez les patrons, mais aussi chez les politiciens qui nous ont servi, trente ans durant, la même politique antisociale de reculs et de mauvais coups, les soutiens continuent à affluer pour Macron. Il aura bien assez de ces appuis pour s’opposer à sa rivale dont nous ne sommes pas responsables du score du premier tour.

Macron veut avoir les mains libres

Porte de La Villette, devant une salle comble, alors que Le Pen a eu du mal à remplir Villepinte, Macron a été absolument clair, lors de son dernier gros meeting parisien avant le second tour. À ceux qui, à l’instar de Mélenchon, lui demandent de faire un geste en direction de la gauche, l’ex-banquier et ex-locataire de Bercy a martelé que les « Français ont choisi le projet qui porte ces réformes, pas les trahir en les rognant. Je veux, demain, pouvoir agir, être efficace. Donc ces réformes, nous les avons conçues, nous les avons portées, nous les ferons ».

Ces contre-réformes, ces promesses de recul social à grands coups d’ordonnance dont les lois Macron et la loi Travail n’étaient que l’apéritif, nous n’en voulons pas, et nous aurons à les combattre. Notre objectif, ce sera bien de l’empêcher d’agir et d’être efficace. C’est bien pour cela qu’il est impossible de donner un score de dictateur à un prétendant à l’Élisée.

Ce sera sans nos voix. Mais il devra compter sur nos luttes !

Après ce 1er mai de lutte, avant de nouvelles mobilisations, avant des législatives où il nous faudra voter pour des candidat-e-s du monde du travail et de la jeunesse, porteurs d’un projet anticapitalistes, dimanche, ce sera par l’abstention active que nous dirons à ce système que le candidat d’En Marche ! veut rendre efficace, que nous ne sommes ni de la chair à patrie, ni de la chair à Macron. Et qu’on ne se laissera pas faire.




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