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Politique

Independance de la justice ?

Macron prend la main sur le parquet et choisit le procureur de Paris

Il avait beau se réclamer du « Nouveau Monde », il est des traditions républicaines auxquelles Macron ne déroge pas. D'autant plus lorsqu'elles vont dans le sens des intérêts de l'exécutif dans sa volonté de contrôler ce qu'il lui reste, notamment le pouvoir judiciaire.

Pour rappel, François Molins, l’actuel procureur de Paris, avait été nommé en 2011 alors qu’il était le directeur de cabinet de Michel Mercier, Garde des Sceaux de l’époque, proche du Président de la République Nicolas Sarkozy. Cette nomination avait provoqué un tollé, le Syndicat de la Magistrature dénonçant une « verrouillage », tandis que plusieurs affaires mettant en cause le pouvoir exécutif éclataient.

De la même manière, après qu’Emmanuel Macron ait personnellement recalé trois hauts magistrats candidats à ce poste stratégique, un nouvel appel à candidature a été publié le 24 septembre 2018, restant donc fidèle à la logique d’une nomination de l’exécutif à ce poste clé. Le chef de l’Etat estime donc qu’il a toute « légitimité pour intervenir dans ce choix », selon Katia Dubreuil du Syndicat de la Magistrature, qui déplore de fait « un exercice du pouvoir qui se verticalise ».

Finalement, le 16 octobre 2018, c’est Rémy Heitz qui a été nommé pour succéder à Francois Molins, après des semaines de tractations. Le Conseil supérieur de la Magistrature, après avoir vu les candidats qu’il a proposés rayés d’un trait de plume par le Président, a donné un avis favorable dans la foulée. François Molins de son côté récupère le poste de procureur de la cour de cassation.

Dans un climat délétère après les perquisitions dans les locaux de la France Insoumise et aux domiciles de Jean-Luc Mélenchon et de ses proches, c’est à un nouvel épisode de soumission de la justice à la volonté de l’exécutif auquel nous assistons donc aujourd’hui. Alors que sur le plan judiciaire le chef de l’État fait face à un contexte compliquée avec l’affaire Benalla, la mise en relief de ses propres irrégularités dans ses comptes de campagne, l’affaire Pénicaud et celle touchant l’ancienne Ministre de la culture Françoise Nyssen, l’Elysée aura été très clair : le prochain procureur aura dû réussir son examen d’entrée auprès d’Emmanuel Macron avant de pouvoir prendre son poste.

Crédit photo : DR




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