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Politique

Un faucon dans le jardin de l’Elysée

Macron rencontre May et confirme son désir d’autoritarisme

La rencontre entre le nouveau président français et la première ministre britannique, Theresa May, avait au menu les négociations du Brexit et la « lutte antiterroriste ». Une opportunité pour le « jeune loup » gaulois d’étaler ses désirs d’autoritarisme.

AFP/Christophe Archambault

Macron est devenu le champion, la star, le jeune espoir du capital européiste. La classe capitaliste en France et en Europe espère que ce « jeune loup », pragmatique, mais surtout profondément pro-patronal réussisse à sauver le « projet européen » mis à mal par des années de crise. On espère que le vieux projet réactionnaire des vautours du capital européen soit sauvé par ce jeune faucon, prêt à tout araser.

Et c’est en se présentant en tant qu’acteur central sur la scène européenne que Macron a reçu Theresa May. Le contraste entre les deux était évident. Macron se sent pousser des ailes et s’aiguise les griffes en songeant à la majorité absolue qu’il est en passe d’obtenir dimanche prochain lors du second tour des élections législatives ; May arrive affaiblie après l’échec humiliant de sa stratégie d’appeler à des élections anticipées.

Dans ce contexte Macron a voulu se montrer conciliateur avec la première ministre britannique et les futures négociations pour le Brexit. Il est même allé jusqu’à dire que la « porte était ouverte » pour que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne tant que la négociation du Brexit n’était pas achevée.

Ces déclarations du « jeune loup » Macron font littéralement écho aux paroles du « vieux vautour » Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, qui déclarait plus tôt dans la journée : « le gouvernement britannique a dit qu’il allait poursuivre les négociations pour le Brexit. On accepte la décision pour une question de respect. Mais s’ils veulent changer de décision, bien sûr, ils trouveront les portes ouvertes ».

Au-delà de ce que l’on pense du Brexit et de la signification politique qu’il a pris, ces déclarations révèlent un aspect intrinsèque du néolibéralisme politique : son dédain vis-à-vis des décisions prises même dans le cadre de leur fausse démocratie. Et maintenant, ils proposent ouvertement, à une première ministre discréditée et affaiblie, de faire une manœuvre, voire de passer outre le vote populaire, pour que la Grande-Bretagne reste dans l’Union Européenne.

Cependant, c’est surtout sur le dossier de la soi-disant lutte antiterroriste que Macron et May ont révélé leur caractère autoritaire. Parmi des mesures antiterroristes que May et Macron voudraient appliquer, on retrouve une plus forte censure sur internet, notamment les réseaux sociaux, soi-disant pour « supprimer les contenus qui promeuvent, dans tout type de média, la haine et le terrorisme ». Or, à juger par les premiers gestes du gouvernement Macron envers la liberté de presse on constate toute la dangerosité d’une telle mesure pour la liberté d’expression de l’ensemble de la population, notamment celle des exploités et opprimés.

Une autre mesure brandie lors de cette conférence de presse est celle qui viserait à « améliorer les moyens d’accès aux contenus cryptés », comme sur WhatsApp, pour « que ces messageries ne puissent pas être l’outil des terroristes ou des criminels ».

Toutes ces mesures, plus les centaines de lois liberticides, ne servent à empêcher aucun attentat ni à prévenir la « radicalisation » de personne, comme on a pu le constater ces dernières années. Les moteurs des attentats, ce sont les politiques impérialistes à l’étranger et la misère et l’oppression à l’intérieur des frontières. Par contre, ces mesures ne font que renforcer le contrôle de la population et notamment de ceux et celles qui contestent les politiques antipopulaires de ces gouvernement capitalistes.

Macron, malgré les apparences de sa probable victoire écrasante aux législatives, sait que son gouvernement repose sur des bases fragiles. Non seulement sa base de députés devra encore être testée, mais le mécontentement avec son gouvernement et son plan d’attaques est déjà énorme. Des explosions sociales et des luttes de la jeunesse et de la classe ouvrière sont à prévoir. C’est dans ce cadre qu’il a besoin de renforcer et approfondir le dispositif répressif hérité de son mentor François Hollande.

Pour la classe ouvrière, la jeunesse précarisée et l’ensemble des opprimés il s’agit de couper les ailes à ce jeune faucon au service de vieux vautours capitalistes.




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