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Politique

Après l’attentat de Manchester

Macron veut prolonger l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre

L’Etat d’urgence, régime « d’exception », instauré au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 devait arriver à son terme le 15 juillet. Le président de la République, suite aux attentats de Manchester, a décidé de le prolonger jusqu’en novembre.

Lors du Conseil de défense et de sécurité nationale, mercredi 24 mai, le président de la République a décidé que le régime de l’état d’urgence, instauré au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 et censé arriver à son terme le 15 juillet prochain, serait prolongé jusqu’au 1er novembre. La présidence de la République précise dans un communiqué, "le Parlement sera saisi d’une prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre."

Une annonce qui tombe le surlendemain de l’attaque terroriste à Manchester. Le président de la République et son premier ministre, Gérard Collomb, n’ont pas tardé à réagir pour annoncer un renforcement sécuritaire sur le territoire hexagonal. Afin de justifier le prolongement de l’état d’urgence, Gérard collomb a expliqué ce matin que « l’événement qui a surgi hier montre évidemment que le niveau d’alerte est grand dans tous nos pays. On ne peut pas comme ça s’arrêter de manière brutale ». Macron souhaite par ailleurs « dans les prochaines semaines » un « texte législatif » pour renforcer « la sécurité face à la menace terroriste hors état d’urgence », a-t-il déclaré à peine sorti du conseil de défense.

Le nouveau gouvernement reprend donc, sans surprise, le tournant du tout sécuritaire défendu par Sarkozy et Le Pen et mis en place brutalement sous le quinquennat Hollande. Depuis son instauration, l’état d’urgence a été reconduit à cinq reprises. L’étau sécuritaire et répressif n’a fait que se perfectionner : augmentation des effectifs de police, extension des pouvoirs des policiers, interpellations en masse, perquisitions et assignations à résidence… Et tout cela au nom de la lutte contre le terrorisme, alors même qu’il démontre en permanence son inefficacité totale, pour empêcher les attentats, on se rappelle notamment des attentats de Nice l’été dernier ou plus récemment la fusillade sur les Champs-Elysées.

Macron a entretenu pendant sa campagne présidentielle le flou sur nombre de sujets dont la question sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme. Ce n’est qu’en avril qu’il a livré sa feuille de route sur le thème. Un programme dans lequel il annonçait clairement qu’il allait s’inscrire dans la continuité des politiques liberticides et impérialistes menées depuis plusieurs décennies. Pour résumer : annonce d’un côté d’une surenchère ultra sécuritaire le territoire et de l’autre du renforcement des interventions françaises à l’étranger. Il a d’ailleurs dès son arrivée à l’Elysée voulu envoyer un message en descendant les Champs-Élysées dans un véhicule militaire, tel un nouveau Bonaparte, et en choisissant comme bras droit Gérard Collomb réputé pour ses compétences en matière de répression et sécuritaire.

L’annonce du prolongement de l’état d’urgence assorti de « mesures de renforcement de la sécurité face à la menace terroriste » montre le visage d’un gouvernement qui loin de changer de ligne par rapport au gouvernement Hollande en poursuit le travail, et est en voix d’approfondissement. Le pilier répressif dont a besoin Macron se met donc en place en commençant par rejouer l’instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme pour limiter ensuite drastiquement les droits démocratiques.

Crédits Photos : STEPHANE DE SAKUTIN / POOL




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