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Politique

En marche vers l’esclavage !

Macron veut « supprimer » le nom du compte pénibilité parce qu’il « induit que le travail est une douleur » 

Le candidat d’En marche ! a annoncé mardi qu’il voudrait supprimer le nom du compte de pénibilité, parce qu’il « induit que le travail est une douleur ».

crédit photo : Reuters/ afp

Au cours d’une réunion avec le MEDEF, le candidat à l’élection présidentielle a affirmé vouloir supprimer le terme de « compte pénibilité », car ce dernier « induit que le travail est une douleur » selon lui, « alors que le travail, c’est l’émancipation, c’est ce qui nous donne une place », a-t-il ajouté.

Un candidat qui ne connaît pas le travail

Ainsi, le candidat d’En marche ! estime que le travail n’est pas une tâche pénible. Car il est vrai qu’être banquier chez Rothschild et dépenser près de 1700 euros par jour, comme semblent l’indiquer ses déclarations de patrimoine, tout comme faire de petites fêtes avec les patrons à Las Vegas pour quelques centaines de milliers d’euros, ça ne doit pas être trop fatiguant. Mais Emmanuel Macron semble oublier que dans cette société où le travail occupe une place centrale, ceux qui ont la chance d’en avoir un sont loin de le considérer comme une « émancipation ». Les conditions de travail désastreuses des plus précaires représentent un poids supplémentaire pour les travailleurs qui sont en permanence sous la menace d’un nouveau plan de licenciement, de chantage patronal et de nouvelles mesures d’austérité. La souffrance au travail, la répression syndicale, tuent des centaines de personnes chaque année, auxquelles s’ajoutent les suicides des travailleurs épuisés. L’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de dix ans. Alors oser dire, de la part d’un candidat comme Macron, que le travail ne serait pas une tâche pénible, c’est insulter tous les travailleurs qui se tuent au travail quotidiennement.
 
Le compte pénibilité : institutionnaliser les conditions de travail désastreuses

Le gouvernement PS a déjà bien engendré la destruction des droits salariaux avec la loi Travail, et tout particulièrement avec le Compte Personnel d’Activité (CPA) dans lequel réside le compte pénibilité. La loi du printemps dernier a en effet instauré cette virtualisation des droits sociaux, convertissant des droits en « points » pour les travailleurs et donnant à certains salariés la possibilité d’obtenir des « privilèges » en compensation de leurs conditions de travail terribles, calculés sur un critère individuel et non sur un métier en général. Il s’agit en réalité d’une régression majeure pour les travailleurs car le CPA a acté le passage d’une logique de prévention des accidents et des maladies liés au travail, à celle d’une compensation individuelle des victimes. Ainsi, le compte pénibilité était un moyen d’institutionnaliser et d’autoriser les conditions désastreuses de travail, de les justifier même, car ce serait des « points » gagnés pour le salarié. Macron compte donc marcher dans les pas du PS, et aller plus loin.

Un discours calqué pour faire plaisir au patronat

Ainsi, même le compte pénibilité est contesté par les syndicats patronaux, qui refusent, non pas la logique d’individualisation, mais de lâcher un seul centime de plus à leurs salariés et d’admettre que ces derniers travaillent dans des conditions désastreuses. Pierre Gattaz avait même tout bonnement refusé de se plier au compte de pénibilité en juin 2016. Force est de constater que même les illusions de miettes ne plaisent aucunement au patronat. Avec ces déclarations, Macron vise à se placer comme le candidat qui pourra bel et bien mettre en marche les contre-réformes du patronat pour imposer l’esclavage moderne pour tous.




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