^

Débats

"La volonté générale contre la volonté du général "

Mai 68. Le brûlant présent du passé

Nous publions ici la version française de la préface d’E. Barot à la réédition espagnole de 2018 de l’ouvrage, X. Vigna, J. Kergoat, J.-B Thomas, D. Bénard, Cuando Obreros y Estudiantes Desafiaron Al Poder. Reflexiones y Documentos [Quand les ouvriers et les étudiantes défièrent le pouvoir], Buenos Aires, Ediciones IPS, 2008.

Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une fois pour toutes. Je veux tourner la page de Mai 68.

Nicolas Sarkozy, 2007, avant l’élection présidentielle dont il sortira vainqueur.

… France, after all, went through four revolutions within 100 years. This apparently establishes such a revolutionnary tradition which can be sparked and brought to life and renewed when the occasion arises.

Herbert Marcuse, « Reflections on the French Revolution », september-october 1968 [1]

Plus l’histoire avance, plus elle est fertile en anniversaires. 2017 fut le centenaire de la Révolution russe. Et si 2018 est le cinquantenaire du « mai français », c’est aussi le bicentenaire de la naissance de Marx ainsi que des 170 ans du Manifeste du parti communiste – manifeste historique du combat pour une société sans classes et sans Etat. D’une société dans laquelle, sur la base d’une planification rationnelle de la production en fonction des besoins sociaux, le temps de travail peut être réparti et réduit au minimum pour permettre autant le « libre de développement de chacun » que le « livre développement de tous ». Mais Marx et Engels ne se contentent pas de projeter un espoir, de formuler une utopie généreuse, ils formulèrent un programme pourquoi luttons-nous ? Le communisme.

Mais contre les « socialismes utopiques », ils définissent en même temps le communisme comme le « mouvement réel qui abolit l’état actuel », et qui requiert une stratégie consciente répondant à la question : comment mener ce combat pour qu’il soit victorieux ? C’est-à-dire qu’il permettre à l’humanité de sortir d’une préhistoire dans laquelle nous sommes toujours, ce que l’on peut mesurer par le degré d’irrationalité du système économique et social dans lequel nous vivons. Le « règne de la nécessité », de la contrainte et de la survie, de l’exploitation et de l’aliénation, continue de sévir alors même que le développement de la science, de la technologie, de la culture, et des « forces productives » au sens large sont chaque jour plus avancés et propices à satisfaire les besoins réels de l’immense majorité de la planète [2].

Une période révolutionnaire à l’échelle internationale

Ce combat est tout autre que celui, vain et réellement utopique, visant à « humaniser » et « moraliser » le capitalisme. Le prolétariat russe et les bolchéviks ont eu une tout autre ambition en 1917, et le « mai 68 » français est peut-être, dans l’histoire du XXe siècle, le moment où en Europe occidentale cette ambition a retrouvé, alors même que la guerre froide se poursuivait, le même niveau d’intensité, d’ambition et de sens historiques.

Mai 68, unifiant ouvriers et étudiants, est arrivé au seuil d’ébranler l’Etat français dans ses fondations mêmes, a posé la question du pouvoir – d’où le titre du livre : Cuando Obreros y Estudiantes desafierion al poder. Depuis le début l’idéologie et la presse bourgeoises ont tenté de neutraliser ces « événements » en les réduisant à une contestation morale ou culturelle de la jeunesse française, moyennant tout une « conception policière » de l’histoire qui a structuré ses « vies ultérieures », pour reprendre les mots de Kristin Ross [3]. On ne saurait sous-estimer à quel point aujourd’hui mai 1968 est « lesté d’échos médiatisés, de reconstitutions et d’interprétations » [4] qui contrarient la réappropriation politique de ce qui s’y est produit d’essentiel. Et en premier lieu, le fait qu’il a d’abord été l’épicentre d’une période révolutionnaire largement mondiale. Comme l’a dit Daniel Bensaïd en 2007 :

« Mai 68 n’est pas une affaire nationale, strictement franco-française. C’est un événement global, un moment de convergence des résistances et des révoltes. On en parlerait bien différemment s’il ne faisait pas écho, non seulement aux usines occupées hérissées de drapeaux rouges, mais aussi à l’offensive du Têt de février 1968 au Vietnam, au printemps de Prague, à l’agitation des étudiants polonais, à la révolte de la jeunesse pakistanaise, au mouvement antiguerre aux États-Unis, aux dernières braises de la révolution culturelle en Chine 1968 est donc la date symbolique d’un instant propice où l’édifice despotique du stalinisme révélait ses lézardes, où les luttes antibureaucratiques à l’Est, les révolutions coloniales en Algérie, en Indochine, en Palestine, dans les colonies portugaises semblaient pouvoir se lier aux mobilisations ouvrières en France et en Italie. » [5]

L’inlassable « haine de 68 » de la bourgeoisie

Ensuite, il est évident que le mai 68 a provoqué une profonde mutation, un tournant majeur dans l’histoire de France, entremêlant de nouveaux courants d’idées, un intense bouillonnement artistique et culturel, une libération sur le plan de la morale et de la sexualité, des combats féministes, contre une société puritaine, ultra-patriarcale, conservatrice, élitiste – dont la jeunesse ouvrière était, en plus, le parent pauvre. Les slogans les plus connus sont expressifs : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! », « L’imagination au pouvoir ! », « Il est interdit d’interdire ! », « Jouir sans entraves ! », « Sous les pavés, la plage ! ». Mais aussi : « Ouvriers, étudiants, unis nous vaincrons ! », etc., etc., et bien sûr, « Sous la plage, la grève », pour reprendre la formule de J. Kergoat qui constitue le titre de sa contribution au livre.

Voilà pourquoi mai 68 pose toujours problème aujourd’hui à la bourgeoisie, ses idéologues, ses personnels politiques. L’ancien président Sarkozy a lui-même incarné la profonde continuité de la « haine de 68 », énonçant clairement en 2007 qu’il souhaitait en « finir avec mai 68 » [6]. Certes parce la « chienlie », comme l’avait dit De Gaulle, a détruit la morale, la famille et l’ordre d’une société obsolète : c’est le discours officiel de la droite ou de l’extrême-droite et de beaucoup d’intellectuels passés au néo-conservatisme. Mais aussi, et croyons-nous, surtout parce que, dans un pays impérialiste central, mai 68 a concrétisé le danger vital que représente une classe ouvrière à l’offensive, unie à la jeunesse, contre le pouvoir bourgeois. Par-delà les multiples dimensions et l’immense créativité du « joli mois de mai », mai 68 fut la plus grande grève générale du mouvement ouvrier français assortie d’une alliance avec la jeunesse étudiante et lycéenne. Ce n’est pas un hasard que cet élément central soit celui qui est le plus souvent passé volontairement sous silence.

Mais il s’agit simultanément d’une révolution manquée, d’un échec dont il faut interroger les raisons – maintenant que nous savons qu’il n’a pas été, la « répétition générale » [7] comme pourtant, il était légitime de l’interpréter à l’époque.

Dans un article récent, le philosophe bien connu de la gauche radicale Zizek, de façon assez bizarre a à son tour écrit que, finalement, Mai 68 a été le point de départ d’une contre-révolution annonçant l’ère de l’individualisme et de la dictature du marché [8], vision donnant crédit à la réduction du mai français à une « grande réforme culturelle, rendez-vous avec la modernité, naissance d’un nouvel individualisme » [9]. Bien sûr Zizek distingue entre « notre mai 68 », celui de l’unité étudiants-travailleurs, de la grève générale, de l’auto-organisation, du mai 68 de la bourgeoisie. Mais il va quand même jusqu’à dire, de façon ambiguë, que ce tournant de l’histoire au final « a aidé le capitalisme à dominer »… Posons la question : quand on dit qu’il faut « jouir sans entrave », l’exaltation du désir (individuel) ne finit-elle pas par nourrir surtout l’individualisme ? Certains éléments de cet esprit sont devenus une ressource inépuisable des publicitaires et du marketing et beaucoup de leaders de l’époque comme Daniel Cohn-Bendit sont devenus des « libéraux-libertaire » très à l’aise avec les réformes néolibérales et la société de consommation…

Et alors ? La bourgeoisie récupère toujours ce qu’elle peut. Cela n’empêche pas mai 68 d’être au cœur de la continuité de l’histoire de l’émancipation et du mouvement révolutionnaire. Ses limites sont surtout une occasion exceptionnelle pour revenir sur les questions de projet de société et de stratégie révolutionnaire aujourd’hui : c’est-à-dire la question des fins pour lesquelles on lutte, et des moyens qu’on se donne à leur service.

Sur les « deux étapes » du soulèvement révolutionnaire

La contribution de J.-B Thomas, outre les documents annexes, revient en détail sur la chronologie de mai 68 (et sur ses principaux enjeux idéologiques et politiques), nous n’y reviendrons pas ici. Rappelons juste que la première « phase » est marquée par l’entrée en scène du mouvement étudiant, jusqu’à la « nuit des barricades » du 10 au 11 mai, qui voit se produire des affrontements en règle avec la police d’une rare intensité. Le 13 mai, débordant les directions syndicales du mouvement ouvrier qui jusque-là avaient tout fait pour éviter leur jonction, est le théâtre d’une gigantesque manifestation commune, rassemblant lycéens, étudiants et ouvriers venus de tout le pays. A partir de ce jour débutent trois semaines d’une grève générale, mobilisant 10 millions de travailleurs dans tout le pays, qui fut la plus importante, dans la période qui a suivi l’après-guerre, de toute l’histoire de l’Europe occidentale

Détonateur, « avant-garde tactique », étincelle, en tous cas il est clair que la jeunesse a été le point de départ. Mais « Mai 68 » a ensuite bel et bien signifié une nouvelle irruption de la classe ouvrière, à une échelle colossale, sur l’arène politique et la scène de l’histoire – comme Trotsky l’avait dit dans sa Préface à L’histoire de la révolution russe pour les ouvriers et ouvrières de février 1917. La grève générale va donc arriver au seuil, concrètement, de la question du pouvoir. Une situation de « double pouvoir » fondée sur les occupations d’usines et d’universités aurait pu se développer au travers des comités de grève. L’insubordination ouvrière, au centre de la contribution de Xavier Vigna [10], débordant les bureaucraties syndicales et politiques, a démontré que l’usine et les cadres d’auto-organisation sur le lieu de travail (comités d’action, de grève, de lutte) ne sont pas seulement le centre de gravité de la production : ils sont un lieu majeur de la politique et on doit y mener une lutte pas seulement « syndicale » mais bien aussi politique. Mais si cette grève générale a posé la question du pouvoir, elle ne l’a pas résolu. Le passage à un stade supérieur, par les méthodes de la lutte des classes et l’émergence d’une alternative ouvrière et populaire proprement révolutionnaire à la crise sociale et politique ouverte, ne s’est pas produit, notamment parce que les éléments d’auto-organisation réels ont globalement été faibles, à l’échelle nationale, dans les usines.

Bien sûr les facteurs de cet échec sont nombreux, multiples, objectifs comme subjectifs. Mais tout ne se situe pas au même plan. La France a une longue expérience des mouvements de masse capables d’ébranler l’ordre capitaliste, mais aussi une expérience toute aussi longue des capacités contre-révolutionnaires de ce dernier, en l’absence des outils, des perspectives et de la confiance permettant de faire basculer la révolte de masse en révolution. Quand on remonte en peu dans l’histoire des luttes de classes dans la France du XXe siècle, sans revenir à 1848 ou à la Commune de Paris en 1871, on évoque d’abord 1936 et le Front populaire, où une vague d’occupations d’usine et de manifestation, le véritable front ouvrier et populaire dans la rue et les usines, accompagne la victoire du « front populaire » [11] qui était une coalition électorale entre radicaux, socialistes et staliniens. Cette coalition réformiste, victorieuse lors des élections, va arrêter le mouvement en orchestrant la signature des accords de Matignon entre les syndicats ouvriers et le patronat, où l’augmentation de salaires, les congés payés, droit syndical, 40h etc., sont négociés gagnés en échange de l’arrêt des occupations d’usines.

Dans l’article « Devant la seconde étape » (9 juillet 1936)qui s’inscrit dans les élaborations de Où va la France ? (écrit en octobre 1934), Trotsky analyse 1936 à partir du schéma général de 1917, celui des « deux étapes » à la fois qualitativement distinctes et indissociables que sont, en résumé, (1) la révolte (plus ou moins) spontanée des masses, illustrée en l’occurrence par la grève générale de mai-juin 1936 ; (2) le passage de la révolte à l’affrontement révolutionnaire, à l’insurrection, pour la prise du pouvoir politique et économique. Le passage à la seconde étape, pas plus en 1968 qu’en 1936, ne s’est produit. Comme les accords de Matignon en 1936, ceux de Grenelle, signés fin mai 68 par les bureaucraties staliniennes, tuent la possibilité révolutionnaire, et négocient avec le pouvoir de De Gaulle en défendant, une nouvelle fois, une solution de type « front populaire » (voir sur cela, entre autres, la contribution de Daniel Bénard). Cette répétition à la française de la capacité des directions contre-révolutionnaires à annihiler la dynamique permettant le passage de la première à la seconde étape, et à donner à la bourgeoisie les moyens de reprendre la main sur la situation, se traduira, dès fin juin 68 par une victoire de la réaction aux élections législatives. Cela, sur fond de répression sanglante, à l’image de l’assassinat des ouvriers Henri Beylot et Pierre Blanchet par les CRS, lors de l’évacuation de l’usine Peugeot de Sochaux, le 11 juin. [12]

La possibilité permanente de l’impensable

L’important, c’est que l’action ait eu lieu, alors que tout le monde la jugeait impensable. Si elle a eu lieu cette fois-ci, elle peut se reproduire…

Sartre, 1968 [13]

Dans un entretien de 1969 avec la revue marxiste italienne Il Manifesto, répondant à la question des raisons de l’échec de mai 68 et cette victoire de la réaction, Sartre, pourtant plus proche à cette époque des jeunes maoïstes et de l’esprit antiautoritaire et antibureaucratique [14] répond clairement : « Il lui manqua une direction politique capable de lui donner cette dimension politique et théorique sans laquelle le mouvement ne pouvait que finir par s’éteindre, comme cela en fait est arrivé. Il lui manqua un parti capable d’assumer entièrement le mouvement et ses potentialités. » [15] De même et corrélativement peut-on dire de mai 68 ce que Daniel Guérin avait dit du front populaire de 1936 : une « révolution manquée » – ce qui est tout autre chose que la « révolution introuvable » dont parla l’important théoricien conservateur Raymond Aron dès 1968.

Une leçon majeure pour aujourd’hui et demain, est que la construction d’un parti révolutionnaire, prêt à jouer son rôle dans une situation révolutionnaire, n’est pas un simple supplément d’âme mais bien une tâche stratégique vitale, au service de cette dialectique propre du mouvement des masses et de leur auto-organisation (qui, tout autant, ne naît pas du ciel et doit être forgée sur la durée) sans lesquels, naturellement, rien n’est possible. Enfin, sans souscrire encore une fois à tout ce qu’il a pu écrire à cette période, dans un autre article de 1968 « Les communistes ont peur de la révolution », Sartre écrivit, contre tout pessimisme, que « L’important, c’est que l’action ait eu lieu, alors que tout le monde la jugeait impensable. Si elle a eu lieu cette fois-ci, elle peut se reproduire… ». Même si nous nous trouvons dans une séquence historique très différente, l’état du monde en 2018 est dans l’évidence propice à des convulsions et des mouvements de masse. Le refus d’un pessimisme qui n’a pas de raison d’être est une condition pour s’y préparer.

* * *

Les 50 ans de mai 68 ne doivent pas, en effet, se réduire à simple commémoration nostalgique, mais à alimenter un présent en quête de perspectives, dans la France de Macron comme ailleurs. [16] Il doit faire l’objet d’une véritable réappropriation en particulier par les jeunes générations, étudiantes et ouvrières, qui sont littéralement dépossédées autant de leurs propres histoires que de leurs futurs, et de la confiance en leur capacité de changer concrètement le monde. Le prolétariat d’aujourd’hui n’est certes plus le même qu’en 1968. De même l’université d’aujourd’hui, justement sous l’effet, entre autres, des combats de cette période, s’est considérablement élargie, massifiée et à certains égards complexifiée. Mais les tâches de reconstruction de l’alliance ouvrière-étudiante, les combats revendicatifs, démocratiques, idéologiques et stratégiques spécifiques à mener au sein de cet « appareil hégémonique », pour prendre une formule gramscienne, qu’est l’université, et qui sont indissociables de la lutte des classes, sont plus importantes encore aujourd’hui qu’hier.

A l’heure où le néolibéralisme sénile ne promet que crises, guerres, précarité, misère matérielle ou morale, attaques brutales et régressions sur tous les plans, le présent brûlant de ce passé de combat, dans ses avancées comme ses limites, doit nourrir notre avenir. Ce n’est pas seulement qu’une autre société est possible, elle est aussi souhaitable que nécessaire. Puisse ce livre contribuer à ce que chacun et chacune retrouve ce sens des fins pour lesquelles nous luttons, et des moyens requis pour les atteindre. Et surtout de l’indestructible possibilité historique de démontrer aux puissants de ce monde que leur pouvoir, à l’échelle de l’humanité, est éphémère, et que leurs jours sont, par définition, comptés, même si leur défaite définitive devra être notre œuvre consciente. Comme l’a dit Trotsky, la révolution est « impossible » jusqu’au jour où elle est devient incontournable.

NOTES

[1] H. Marcuse, Collected Papers, vol. III, The New Left and the 1960s, London-New York, Routledge, 2005, p. 44-45.

[2] Voir E. Barot, Marx au pays des soviets ou les deux visages du communisme, Montreuil, La ville brûle, 2011 (trad. esp. 2017 ici).

[3] Kristin Ross, Mai 68 et ses vies ultérieures, 2002, Paris, Agone, éd. 2010, partie I « La conception policière de l’histoire ».

[4] Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins, Paris, Seuil, 2018, p. 20 ; voir aussi la conférence de L. Bantigny du 13 avril dans le cadre du cycle « Sous les pavés la grève » organisé par Révolution Permanente.

[5] Daniel Bensaïd, « Une convergence de résistances et de révoltes », 2007.

[6] D. Bensaïd, « La haine de 68 », 2007, texte d’où la citation de Sarkozy en exergue de ce texte est reprise.

[7] D. Bensaïd & H. Weber, Mai 1968 : une répétition générale, Paris, Maspero, 1968. Voir aussi l’analyse proposée en 1969 par D. Bensaïd et C. Scalabrino, Le deuxième souffle ? (Problèmes du mouvement étudiant), Paris, Maspero, 1969, cahiers « rouge », documents de formation communiste n° 12.

[8] S. Zizek, « Legacy of 1968 protests : How a leftist revolution helped capitalists win », 15 février 2018.

[9] K. Ross, op. cit., p. 333.

[10] X. Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2007, dont le premier chapitre est une reprise actualisée de la contribution du livre.

[11] Voir l’analyse des « deux » fronts populaires de Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée, Paris, Agone, 2013.

[12] Voir le film des groupes Medvedkine Sochaux. 11 juin 68, et notre étude dans E. Barot, Camera Politica. Dialectique du réalisme dans le cinéma politique et militant, Paris, Vrin, 2009, ch. II, p. 42 et suiv.

[13] J.-P. Sartre, « Les communistes ont peur de la révolution », in Situations VIII, « Autour de 68 », Paris, Gallimard, 1972, p. 216.

[14] Et indépendamment de ses oscillations politico-stratégiques sur le long terme : sur ce point cf. les contributions sur les rapports de Sartre au PCF, aux trotskystes, aux maoïstes, etc., dans E. Barot (dir.), Sartre et le marxisme, Paris, La Dispute, 2011 (ouvrage collectif).

[15] J.-P. Sartre, « Masses, spontanéité, parti », entretien avec Il Manifesto, 4 septembre 1969, in Situations VIII, op. cit., p. 275.

[16] Ce texte a été publié sous le titre « Mayo de 1968. El peligroso presente del pasado » dans Ideas de izquierda, n° 42, avril 2018. Ici la couverture de la nouvelle édition du livre de l’IPS :




Mots-clés

Communisme   /    Jeunesse   /    Mai 68   /    Notre Histoire   /    mouvement étudiant   /    mouvement ouvrier   /    Karl Marx   /    Théorie marxiste   /    Grève générale   /    Université   /    Trotsky   /    Débats