^

Monde

Enième trahison

Main dans la main, Syriza et le Parlement grec ont voté un nouvel ajustement, réduisant de 20 % les retraites

Entouré des protestations, le Parlement a approuvé les réductions demandées par l’Eurogroupe, sous la responsabilité du FMI et de la Commission européenne. Les retraites seront réduites de 18%, les privatisations et la libéralisation du secteur de l’énergie seront accélérées.

Le Parlement grec a validé un nouvel ajustement aujourd’hui en ratifiant des mesures décidées avec les créanciers afin que l’Eurogroupe puisse donner son feu vert la semaine prochaine lorsque la Grèce quittera le troisième programme d’assistance financière, après huit années de crise.

La loi sanctionnée avec les votes de Syriza et les nationalistes grecs indépendants comporte de nouvelles mesures d’austérité d’un montant de 5,1 milliards d’euros pour les quatre prochaines années. « C’est la dernière fois que nous votons une loi qui n’est pas la volonté de notre gouvernement, mais le résultat de négociations avec les institutions créancières », a déclaré sans rougir le Premier ministre Alexis Tsipras, en fermant le débat.

Grâce à ces mesures, l’exécutif espère atténuer les conséquences de la treizième réduction des retraites qui s’appliquera l’année prochaine, au cours de laquelle sont aussi prévues les prochaines élections législatives. Cette mesure convenue avec les créanciers implique des réductions de pensions allant jusqu’à 18% qui toucheront la moitié des retraités. En outre, la loi accélère également les privatisations et la libéralisation du secteur de l’énergie.

En outre, parmi les mesures qui seront appliquées après le sauvetage, figure la réduction du revenu minimum exonéré d’impôts de 8 636 à 5 685 euros par an, à compter de 2020, soit 473 euros par mois pour les plus démunis.

En échange, la loi adoptée aujourd’hui prévoit également une augmentation du salaire minimum interprofessionnel en 2019, ainsi que le rétablissement des conventions collectives, qui ont aussi été supprimées en 2012. En outre, elle prévoit la création de 42 000 postes de fonctionnaires, dans un contexte où le taux de chômage est passé de 12,7% en 2010 à 21,5% en 2017, le plus élevé d’Europe.

Alors que la loi faisait l’objet de débats, environ 5 000 manifestants, appartenant au syndicat PAME, au syndicat des fonctionnaires ADEDY et quelques forces de gauche ont protesté devant le Parlement contre les nouvelles coupures.

Actuellement, la plus grande préoccupation pour le gouvernement est que les créanciers du pays ne parviennent pas à un accord sur les mesures d’allégement de la dette grecque à moyen terme.

Alors que le Fonds monétaire international et la Commission européenne sont favorables à l’adoption de mesures d’allègement au sein de l’Eurogroupe, l’Allemagne et les Pays-Bas tentent de reporter la décision. Au cours des huit années de la crise grecque, le pays a perdu 25% de son PIB et sa dette est passée de 127% à 180%.




Mots-clés

Précarité   /    Syriza   /    Grèce   /    Monde