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Jeunesse

Contre la loi ORE et la répression

Malgré Pétel et les fachos, la mobilisation décolle à Montpellier !

Depuis plus de deux mois la bataille contre le plan étudiant fait rage, les étudiant-e-s de Paul Valéry sont de plus en plus nombreux-ses à bloquer leur université tous les jours pour lutter contre la loi O.R.E. S'ils n'étaient qu'une vingtaine au début, les comités de mobilisation réunissent aujourd'hui près de 500 personnes et les petites AG du début du mouvement ne tiennent plus dans les amphis et se font désormais sur la pelouse de l'université, comme celle du mardi 27 mars qui a réuni près de 3000 personnes pour voter le blocage illimité.

Crédits photo : Solidaires EtudiantEs Montpellier

Les répressions policières, fascistes et institutionnelles, catalyseurs d’une colère latente

L’attaque de l’amphithéâtre à la fac de droit par une milice fasciste armée dans la nuit de jeudi à vendredi a touché des gens qui ne prenaient pas part à la lutte jusque là, et les violences commises révèlent une colère latente contre l’extrême droite, qui depuis est de sortie partout en France (On peut voir la ligue du midi, groupuscule d’extrême-droite se balader à Montpellier en prenant des camarades en photo, et les camarades lillois en ont également fait les frais d’une attaque de groupuscules fascistes lundi soir, tout comme le lycée auto-géré de Paris ou bien encore l’action d’un groupe d’extrême droite à Tolbiac, qui a propagé son anti-sémitisme sur les locaux de l’UNJF pour décrédibiliser la mobilisation).

Face à cette menace plusieurs rassemblements de soutien et manifestations sauvages s’organisent presque tous les jours à Montpellier ; mardi 27 mars, suite à l’AG de Paul Valéry, 2000 personnes ont convergé vers le commissariat de police central de la ville pour forcer les pouvoirs publics, qui veulent étouffer l’affaire, à prendre les plaintes des camarades agressés jeudi soir.
Hier, mercredi 28 mars, un rassemblement de soutien face aux victimes de violences à la préfecture s’est transformé en manifestation sauvage ou près de 1500 personnes ont défilé pacifiquement dans les rues de la ville au son de tambours et de slogans antifascistes : « fachos, casse toi, montpel’ est antifa » « Ciamo tutti antifascisti ».

Des rassemblements de soutien aux victimes de cette attaque ont également eu lieu dans diverses villes en France (Lille, Paris, Lyon, où des camarades ont empêché l’ex-doyen Pétel de tenir un discours à la faculté de droit le lendemain des événements) et témoignent d’une solidarité inter-luttes puissante, elle même preuve d’un ras-le-bol général qui grandit, et le traitement médiatique d’ampleur nationale en la faveur des occupants conforte l’idée que l’opinion publique est de notre côté.

A cela s’ajoute la colère contre Patrick Gilli, président de l’université Paul Valéry, qui légitime officiellement l’AG par mail, mais dont l’attaché de com’, Simon Botteau, a proposé en son nom sur des groupes facebook anti-bloqueurs de les aider à s’organiser, avant de supprimer sa publication (dont des screnshots sont encore disponibles).

La lutte contre la loi Vidal prend donc ici une nouvelle ampleur face aux répressions policières, fascistes et institutionnelles qui ne font qu’attiser encore plus l’envie de révolte.

Montpellier ; un laboratoire d’idées aux militants divers mais unis

Pour faire face à ces répressions, on peut compter sur l’unité du militantisme montpelliérain qui ne cède pas au divisionnisme entre citoyennistes, syndicats et militant-e-s autonomes, et Paul Valéry est depuis quelques mois un laboratoire d’expérimentations sociales et politiques où même des étudiant-e-s de la fac de droit, traditionnellement peu présent-e-s dans les mouvements de contestations, viennent discuter, se réunir et s’organiser pour prendre part à la lutte.

Des cours substitutifs sont donnés dans deux amphis, et diverses formations sont mises en place ; des pompiers sont intervenus bénévolement pour donner une formation de street médic à des étudiant-e-s pour assurer de la protection des manifestant-e-s. Ces derniers ont été envoyé en aide aux lycéen-ne-s qui bloquaient leur lycée ce matin le jeudi 29 mars.

La visibilité médiatique dont le mouvement profite actuellement au niveau local et la force organisationnelle des forces militantes impliquées depuis plusieurs mois déjà sont les deux principaux atouts de Montpellier, qui souhaite le rayonnement du mouvement social à échelle nationale en appelant à la convergence des luttes.

Ainsi une AG inter-lycéenne est organisée ce 29 mars , et une AG inter-luttes est prévue le 4 avril à Paul Valéry pour appeler les cheminots, fonctionnaires et avocats de la magistrature à l’union pour faire plier le gouvernement par le biais de grèves et de blocages économiques. L’union, pour lutter contre les divisions et les casseurs de grève d’extrême-droite et d’ailleurs, l’union pour faire face aux violences, l’union pour achever la lutte d’un mouvement social déjà bien engagé, dans lequel il est impossible de faire marche arrière.

L’ex-doyen Pétel a été poussé à la démission par la mobilisation et est aujourd’hui suspendu, à l’instar de certains professeurs de la fac de droit, pour avoir soutenu l’action fasciste. Comme cet ex-doyen disait quelques heures avant l’agression de nos camarades ; « qui sème le vent, récolte la tempête », hélas pour lui et pour les autres de son monde, le vent se lève, plus fort et plus grondant que jamais.




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