Société

Mobilisation maintenue en dépit des promesses de consultation locale

Manif du 27 février à Notre-Dame-des-Landes. Personne ne tombe dans le panneau du référendum

Publié le 27 février 2016

En remaniant, l’Exécutif a fait mine de lâcher quelques miettes vis-à-vis des opposants à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. C’est désormais un référendum local qui devrait décider de l’avenir du projet, porté notamment par Jean-Marc Ayrault, qui vient de faire son retour au gouvernement. C’est dans ce contexte que l’appel à manifester, aujourd’hui, a été maintenu, avec des perturbations enregistrées dès hier sur les axes Nantes-Vannes et Nantes-Rennes. Pour l’occasion, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a battu le rappel d’un demi-millier de gendarmes, armés jusqu’aux dents. Un bel exemple du double discours du gouvernement, toujours aussi droit dans ses bottes malgré ses promesses.

Corinne Rozenn

Le discours du gouvernement est loin d’être à l’apaisement. D’un côté, donc, on prévoit un référendum local, la question du périmètre de votation restant encore aujourd’hui l’objet de discussions. De l’autre, les ministères de l’Intérieur et de la Justice poursuivent sur la lignée du tout répressif. Le 24 février, 19 manifestants interpellés pour l’action sur le périphérique nantais du 11 janvier ont écopé d’une amende pour « entrave à la circulation ». La veille, trois agriculteurs, arrêtés à Vigneux-de-Bretagne, étaient jugés pour violences volontaires avec armes (en l’occurrence leurs tracteurs), le parquet ayant requis contre eux des peines allant de quatre à six mois de prison. La carotte et le bâton, en quelque sorte, en sachant que la promesse de consultation locale est, avant tout, une opération visant à démobiliser.

Mais personne n’est dupe, et ce ne sont pas que les plus déterminés qui se sont donnés rendez-vous, aujourd’hui, sur le site même du projet, décrété d’utilité publique en 2008, pour exiger l’abandon pur et simple du projet d’aéroport. Symboliquement, le rassemblement devrait prendre le terrain en tenaille, à partir des deux extrémités de la Zone d’Aménagement Différé, à savoir les deux échangeurs censés mener à l’aéroport. Par la suite, la manifestation se déplacera sur les RN 165 et 137 avant de terminer à Temple-de-Bretagne. Ce sont sans doute plus de 20.000 personnes qui se donneront rendez-vous dans la journée, plus encore que lors de la manifestation du 9 janvier, avec une cinquantaine de cars affrétés de toute la France par les quelques 200 comités de soutien aux Zadistes et aux opposants au projet.

Depuis quelques jours, une pétition a vu le jour, rassemblant les noms de plusieurs personnalités écologistes de gauche (Delphine Batho, Aurélie Filippetti ou Cécile Duflot), voire de droite et du centre (Nicolas Hulot et Corinne Lepage), sans oublier la députée socialiste du Doubs Barbara Romagnan, José Bové, Olivier Besancenot et les principaux responsables du Parti de Gauche (Corinne Morel Darleux, Martine Billard, Éric Coquerel, Danielle Simonnet). La bronca, on le voit, continue à grossir à la base et gagne de plus en plus de personnalités. Le texte a recueilli déjà plus de 15.000 signatures, ce qui montre bien l’opposition à laquelle le gouvernement doit faire face. Si ce n’était en raison des gros-sous que ne veulent pas perdre les bétonneurs et les patrons du BTP si le projet venait à être abandonné, on comprendrait mal l’entêtement réactionnaire du gouvernement, corrélé à son état d’urgence permanent qu’il veut nous imposer.

Quoi qu’il arrive, aujourd’hui, il sera face à ses responsabilités, notamment par rapport aux agissements des forces de répression. Les manifestants, avant le Fest-Noz annoncé dans la soirée, n’ont pas l’intention de se laisser intimider, et ils-elles ont bien raison !

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