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Politique

Ce que BFM TV ou TF1 ne racontent pas

Manif violemment réprimée à Nantes : la BAC agresse des militants CGT dans leur véhicule

Lors de la journée de grève et de mobilisation du 21 septembre contre la loi travail XXL, la manifestation de Nantes a été, comme de nombreuses fois durant le mouvement de 2016 contre loi-travail, durement réprimée. Nous relayons les communiqués de l'UL CGT de Nantes, de l'UD Loire Atlantique et le compte-rendu des Streets Medics à ce sujet.

Photo : Page Facebook "CGT Union Locale de Nantes"

Communiqué de l’Union Locale CGT de Nantes suite à la manifestation du 21 septembre :

Hier, à la manifestation du 21 septembre, les manifestants dans leur ensemble ont été la proie de violences policières inacceptables. La manifestation s’était déroulée jusque-là dans l’unité, sans heurts ni dégradation. Pourtant, les forces de l’ordre ont bloqué le cortège syndical entravant ainsi la liberté de défiler avant de noyer la place devant le CHU sous un déluge de lacrymogènes et de grenades de désencerclement. Cette violence injustifiable constitue une atteinte au droit démocratique de manifester. En fin de manifestation, des militants de la CGT ont été agressés jusqu’à l’intérieur de leur véhicule par la Brigade anti criminalité. De nombreux manifestants ont été blessés et arrêtés dont deux militants de la CGT.

Après l’utilisation d’ordonnances pour gouverner sans débat démocratique, c’est dans la rue que le gouvernement veut faire taire ce qui reste d’expression démocratique aux citoyens. Nous dénonçons la présence de la Brigade Anti-Criminalité dans les manifestations. Nous ne sommes ni des criminels, ni des terroristes. La CGT se bat pour le bien commun et malgré la répression elle continuera à le faire comme toujours dans son Histoire. L’Union locale de Nantes appelle à soutenir toutes les mobilisations à venir contre les ordonnances Macron et pour la défense des libertés démocratiques.

Dès ce lundi, les routiers se mobilisent contre la Loi Travail XXL : nous appelons à les rejoindre à partir de 4h30 du matin au rondpoint des six croix à Donges. Un covoiturage est organisé par l’UL de Nantes au départ de la Maison des Syndicats à 4h00.
Jeudi 28, à 14h30 devant la préfecture, les retraités seront dans la rue contre la hausse de la CSG et la baisse des APL . Nous appelons également à participer à la mobilisation.
Le mouvement ne fait que commencer, il ne tient qu’à chacun de l’amplifier par la grève et les manifestations :
toutes et tous ensemble contre la régression sociale toutes et tous ensemble pour le bien commun toutes et tous ensemble pour nos libertés démocratiques.

Le secrétariat de l’UL de Nantes


Communiqué de la CGT de Loire Atlantique :

Voici la vraie version de cette journée de mobilisation dans le 44 (éteignez BFM, TFI ou France 2 qui ont pourtant tout vu)
Tôt le matin, différentes actions menées par les unions locales comme le blocage d’un rond-point à Indre ou le péage gratuit au Bignon (35 camarades)
Puis manifestations à saint Nazaire (2500), Châteaubriant (150) et Ancenis (100), en recul mais de bonne facture et motivées.
Il faut dire que le 21 n’a pas été annoncé depuis longtemps comme le 12, qu’une deuxième date rapprochée est compliquée pour certains, et surtout que l’annonce du 10 octobre (journée intersyndicale large dans la fonction publique) a démobilisé les agents publics ( le camp réformiste tente de diviser le mouvement, il faudra le contrer en faisant du 10 une journée interprofessionnelle !)

A Nantes, en recul aussi sur le nombre, avec 7000 manifestants. Ce qui est notable est ailleurs :

Une discussion avec les révoltés (ou cortège de tête comme ils se nomment) a permis pour la première fois une manifestation et une action commune, sans débordement.

Pourtant du débordement il y en a eu : mais c’est à mettre à l’actif des forces « du désordre » : en effet, nous avions convenu de mettre fin au « traditionnel » second tour effectué par les révoltés et quelques forces cgt en proposant une action collective symbolique : il s’agissait de murer la permanence de François de Rugy, ex elu EELV, passé à la Macronie et 3e personnage de l’Etat (président de l’assemblée nationale). C’est le genre d’action que nous avons fait maintes fois sans heurts. Mais les infos ont dû vite passé. Et en Macronie, nous sommes considérés comme des extrêmes, fainéants et cyniques. Surtout on ne tolère pas de « crime de lèse-majesté ».

Un cordon de gardes mobiles a empêché la CGT de continuer le trajet suite à la manif et, malgré nos tentatives solidaires, des jets nourris de lacrymo et grenades de désencerclement ont séparé le cortège qui a été repoussé manu militari.
Après la pagaille, un flottement a failli avoir raison de notre projet mais les manifestants (1500 environ) se sont rassemblé près du CHU avec calme et détermination. Les camions ont alors été vidés des 200 parpaings prévus pour notre action via une chaine humaine. Un mur de 15 m de long a ainsi été érigé a une vitesse impressionnante, sous le regard des forces de police stoïques.
Après cette victoire symbolique mise en valeur par les prise de parole (résistance, solidarité, tous ensemble jeunes et salariés…), des chants, des photos de groupe, la fête a pris fin avec la revanche des chiens de garde du pouvoir.

Alors que tout le monde quittait le lieux dans le calme, la charge a été violente et incompréhensible.

Les gardes mobiles et la bac ont chargé : deux camarades de l’ul sud loire sont en garde à vue accusés de jets de projectiles, un autres ont été blessé par des LBD (flash Ball) et admis au CHU. On suppose d’après des témoignages que d’autres camarades et autres manifestants ont aussi été arrêtés.

Qu’avaient-ils fait sinon exercé leur droit de manifesté : cette attaque est un précédent que nous ne pouvons laissé sans réponse.

Dès demain (22 septembre) l’union départementale va examiner les possibilités juridiques pour accompagner les plaintes des camarades et/ou pour se porter partie civile contre des violences policières insupportables et sans justification.
Dans le même temps nous allons communiquer médiatiquement sur les tentatives policières pour étouffer la contestation et le mouvement social en devenir.
Ni terroristes comme dirait Gattaz, ni gauchiste comme nous affuble TF1 ce soir, nous sommes déterminés à faire respecter nos droits, dans un état de droit qui ne tolère pas que la police réprime le mouvement social.

Le secrétariat de l’UD CGT 44


Compte rendu de Street Medics Nantes sur la manifestation du 21 septembre :

16h. Après un premier tout d’une manifestation composée d’un cortège intersyndical et d’un cortège jeune qui s’est bien passé, le passage est bloqué par la police devant le commissariat cours de Clisson pour empêcher un deuxième tour (une action conjointe était prévue et déclarée plus loin) : un camion CGT et une banderole de tête tentent alors de passer malgré tout, ce qui déclenche les premières grenades et tirs LBD (au moins 5-10).

Une première ligne d’environ une quinzaine de manifestant.es se retrouve contre les policiers réalisant le barrage : ces derniers gazent abondamment à la gazeuse à main et envoient plusieurs grenades de lacrymogènes. L’une d’elle atterrit en tir tendu sur la joue d’une personne occasionnant une blessure importante. Dans le même temps, nous prenons également en charge une crise de panique. Lors du repli des manifestant.es, un autre tir tendu blesse une personne au poignet à travers même la banderole sous une pluie de tirs de LBD (touchant notamment des gens au dos, au tibia, au genou...) et de grenades désencerclantes.

La manifestation se poursuit vers le square daviais, où de nouveaux tirs de LBD touchent au moins une personne à l’épaule, puis vers la place de la petite hollande, abondamment aspergée de gaz lacrymogènes et de grenades désencerclantes. Une personne recevra un palet de lacrymogène sur la tête occasionnant une plaie et une autre dans la joue causant une importante ecchymose. Plusieurs grenades de lacrymogène atterrissent par ailleurs à l’arrêt de tramway Médiathèque alors que des gens sortent : quelques personnes (dont des personnes âgées et des enfants) en difficulté respiratoire sont alors allongées sur la pelouse par d’autres passagers.
Après une relative dispersion, les manifestant.es se rejoignent au niveau du rond point square daviais après un second gazage au niveau des camions syndicaux.
16h45, un mur est érigé au niveau du rond point nous permettant de prendre en charge dans un rare calme les personnes blessées, notamment une personne ouverte à la paupière par une grenade désencerclante et une personne blessée à la tête.

A 19h, la police se prépare en vue d’une dispersion mais la manif décide de se déplacer avant d’être chargée ce qui n’empêche pas la BAC de viser au LBD les personnes qui fuient. Nous dénombrons à ce moment au moins 7 personnes touchées par un tir. Un syndicaliste victime d’un tir au bras par LBD est évacué dans un camion CGT qui sera pris à parti dans l’instant d’après par cette même Brigade "Anti Criminalité" où il sera, avec les 4 autres personnes du véhicule, violemment tabassé, sorti et re tabassé à terre. A cette occasion une medic est d’ailleurs menacée d’interpellation par un bacqueu.

Un gazage intensif s’ensuit nécessitant la maaloxification de plusieurs personnes dont des passant.es.

D’autres personnes seront cibles de gazage sur les pelouses de la fac de médecine, dont les grenades sont envoyées à la main à hauteur de tête des manifestants. Dans la foulée, les forces de l’ordre utilisent la gazeuse à main et les matraque sur les personnes à leur portées : 2 personnes auront des plaies au crâne dont une envoyée aux urgences pour être suturée.

Lors d’interpellations, la BAC tire au LBD blessant un moins une personne au mollet puis vise au laser de LBD la tête des manifestant.es qui s’étaient éloignés sur le quai Turenne.

Lors d’une énième charge de la BAC pour interpeller une personne, 2 grenades désencerclante sont lancées dont une qui explose dans le dos d’une personne. Par chance elle ne sera victime que d’un traumatisme sonore. Une autre personne se foule la cheville en voulant en éviter une.

A͇u͇ ͇f͇i͇n͇a͇l͇,͇ ͇n͇o͇u͇s͇ ͇é͇v͇a͇l͇u͇o͇n͇s͇ ͇à͇ ͇ :
- au moins 4 personnes évacuées aux urgences ;
- au moins 5 personnes avec des plaies au crâne et 4 autres atteintes au visage ;
- au moins 25 personnes atteintes par des tirs de LBD ;
- plusieurs dizaines de personnes touchées par des fragment de grenades désencerclantes ;
- La quasi totalité de la manifestation touchée par les gaz lacrymogènes.
Nous signalons également une personne supplémentaire atteinte à la tête par un palet de lacrymogène et une blessure au doigt qui n’ont pas pu être prise en charge. Les blessures citées ne sont pas exhaustives car nous ne pouvons pas voir tout le monde et ce compte rendu est susceptible d’évoluer selon les témoignages reçu.
Pour tout témoignage, n’hésitez pas à nous contacter sur cette page où à l’adresse streetmedicnantes@riseup.net.




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