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Genres et Sexualités

LGBT Pride 2017

Marche des fiertés : la préfecture interdit le parcours par le Vieux Lyon

C'est une nouvelle étape dans le bras de fer entre les organisateurs de la 22e Marche des Fiertés à Lyon et les autorités publiques. Ce jeudi, un avis préfectoral a interdit le parcours par le Vieux Lyon, fief revendiqué par l'extrême droite, imposant de ce fait un autre itinéraire. La préfecture justifie cette interdiction avec des motifs d'ordre sécuritaire...

Crédit @Joël Philippon

A deux jours de la Marche des Fiertés, la décision définitive de la préfecture du Rhône est tombée. Ce jeudi, un avis préfectoral a interdit le parcours déposé en décembre dernier par les organisateurs de la manifestation. En imposant par arrêté son itinéraire qui interdit le passage par le Vieux Lyon, celle-ci s’assoit sur l’un des symboles et messages politiques que les organisateurs et participants de la Marche voulait faire passer. En effet, en souhaitant absolument emprunter le quai Romain Rolland, dans le Vieux Lyon, ces derniers voulaient envoyer un message clair : il n’y a pas de quartier « réservé » aux groupuscules d’extrême droite. A travers ce geste, c’est également un message de solidarité que ces derniers et dernières voulaient envoyer aux personnes LGBTI qui se voient interdites de défiler à cause, entre autre, de la présence de l’extrême droite, comme cela peut être le cas de la Pologne et de la Bulgarie.

Les motifs de cette interdiction ? La préfecture met en avant des raisons de sécurité. C’est en effet le préfet délégué à la sécurité qui a entre autre émis un avis négatif à propos du passage dans le vieux Lyon. Pour ces « experts de la sécurité », c’est surtout le risque terroriste qui inquiète : dans le cas d’un risque terroriste, le caractère exigüe des axes desservant les quais de Saône poserait des problèmes d’acheminement des secours.. De plus, l’arrêté déclare que la situation actuelle d’Etat d’urgence, ainsi que la période estivale qui accueille un nombre important de manifestations culturelles ou autre concerts, mobilisent un nombre important d’effectifs de police, qui ne peuvent s’atteler dés lors à la gestion des manifestations. Voilà que l’Etat d’urgence et le risque terroriste sont à nouveau mobilisés pour censurer un événement politique.

Estimant que tous ces motifs évoqués sont fallacieux, et que l’interdiction de la préfecture n’est qu’une question de volonté politique, les organisateurs ne vont pas en rester là et comptent déposer un recours devant le tribunal administratif. Ces derniers dénoncent également l’instrumentalisation de l’Etat d’urgence et ses dérives : « Il est scandaleux d’évoquer des événements culturels au détriment d’un événement politique. L’Etat est censé protéger et garantir la liberté de manifester. A l’heure où le gouvernement veut pérenniser l’état d’urgence en l’introduisant dans le droit commun, cette décision montre une nouvelle fois les dérives. Ici, Cela se concrétise par une interdiction partielle de manifester. C’est inacceptable dans un État démocratique ». Un Etat « démocratique » qui ne cesse de marcher sur les droits des personnes LGBTI : enterrement de ses promesses quant à la PMA et aux droits des personnes trans, limitation des budgets alloués aux associations LGBTI ; et de réprimer ces dernières. Cette attaque contre la Marche des Fiertés, qui a une importance politique particulière pour les revendications et la visibilité des personnes LGBTI dans le monde entier, n’est en effet pas la première.L’année dernière, c’était à la préfecture de Paris de raccourcir drastiquement le parcours de la manifestation, imposant un parcours humiliant et un dispositif policier et militaire conséquent, tout ceci justifié par l’Euro de football et, encore une fois, l’Etat d’urgence.




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