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SNCF. Casse de l’emploi et du service public, les cheminots préparent la riposte

Marche pour l’emploi : les cheminots de Périgueux se mobilisent !

Publié le 28 novembre 2016

Un millier de personnes, cheminots, leurs familles et des usagers venus en soutien, se sont rassemblés ce samedi 26 novembre devant les ateliers de la SNCF du Toulon, à Périgueux, pour manifester contre l’annonce faite par la direction de la suppression de 90 postes de travail, d’ici 2017.

A. Cheron

Après les prises de parole des représentants syndicaux, la marche pour l’emploi à l’appel des cheminots de Périgueux est partie vers 10h30. Les manifestants ont parcouru les points clés de la ville : la gare, puis la mairie avant de finir à la préfecture de Dordogne. Cortège dynamique et convivial, avec plusieurs familles qui accompagnaient les travailleurs. On pouvait apercevoir la présence de plusieurs enfants de cheminots, contents de pouvoir partager ce moment de manifestation et revendication en famille.

La présence policière était faible, surtout concentrée en tête de cortège. En arrivant à la mairie, M. Audi, maire de Périgueux, attendait pour prendre la parole en soutien. Mais les cheminots ne sont pas dupes et ont bien vu cette manœuvre électoraliste. Le discours du maire s’est déroulé sous des hués ponctuels du cortège, mais la marche a ensuite continué son chemin comme prévu. Remarquons la présence de plusieurs cadres SNCF ainsi que des élus, des maires et des mairesses des villages alentours qui soutenaient le combat des cheminots, dans une région, la Dordogne, où la tradition de lutte des cheminots est très forte.

Étaient présents, dans le cortège, des représentants syndicaux de la CGT cheminots, de SUD Rail, de l’Unsa ferroviaires, de FO et aussi du Parti communiste. En arrivant en face de la préfecture de Dordogne, une prise de parole a été organisée pour que la CGT puisse lire une lettre à l’adresse de Madame la Préfète. Des tags pour la défense de l’emploi ont été réalisés dans la rue et des casquettes ont été mises en place autour de la préfecture en guise de décoration et pour marquer le coup. Ensuite un discours a été tenu par les représentants du conseil départemental de Dordogne, ce qui a marqué le début de la dispersion du cortège.

La direction de la SNCF veut imposer des suppressions d’emploi dans les ateliers, ce qui veut dire un avenir sombre pour les cheminots et leurs familles. Après avoir eu des gages concernant la charge de travail jusqu’en 2020, le gouvernement et la direction de la SNCF démontrent encore une fois qu’ils n’en ont rien à faire de la vie des cheminots et de leurs familles, en annonçant la suppression de 90 postes quasiment du jour au lendemain. Derrière ce stratagème de la direction SNCF se cache le désir d’une privatisation du service public, en accord avec l’offensive ouverte à l’encontre des travailleurs menée par le gouvernement actuel, et nous savons déjà que cela va continuer dans la même direction, voire s’accentuer si Fillon, candidat des « Républicains » (famille politique de M. Audi), se retrouve à la tête du pays. Les plans que les politiques ont pour la SNCF vont de pair avec les plans de la direction : privatisation, ouverture à la concurrence, casse du service public et des conditions de travail des cheminots. Il y a quelques décennies les effectifs atteignaient 2000 personnes, mais aujourd’hui dans beaucoup d’ateliers il n’y a qu’un peu plus de 500 personnes.

C’est bien parce qu’il s’agit d’un plan de la direction pour attaquer l’ensemble de cheminots et leur famille qu’il faut être solidaires des cheminots de Périgueux, et montrer qu’on ne va pas se laisser faire, ni à Périgueux, ni ailleurs ! Il faut tout faire pour refuser la division, établissement par établissement, secteur par secteur, que veut nous imposer la direction et montrer qu’on peut frapper tous et toutes ensemble, cheminots de tous les établissements, et aussi les usagers ! Aujourd’hui, plus que jamais, la lutte pour la sauvegarde des emplois et du service public de qualité s’impose ! La mobilisation de la population, la solidarité ouvrière et le soutien de collègues cheminots d’ailleurs seront des facteurs décisifs pour gagner face à une direction déterminée. Mardi 29 décembre aura lieu le prochain rendez-vous avec la direction et les pouvoirs politiques. Les cheminots et les organisations syndicales appellent à débrayer pour continuer à mettre la pression et à se mobiliser jusqu’à obtenir la satisfaction de leurs revendications.