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« Marche pour nos vies », le mouvement US contre la violence dans les écoles et ses perspectives

Les principales capitales des États-Unis ont été envahies par des centaines de milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, qui ont manifesté contre la violence armée dans les écoles. Le mouvement est à la croisée des chemins : ou renforcer l’État policier ou adopter une perspective indépendante.

Le samedi 24, un million de personnes, principalement des étudiants, sont descendues dans les rues de 800 localités américaines et y ont manifesté contre les fusillades dans les écoles, dans ce qui semble être l’une des manifestations populaires les plus massives jusqu’à présent dans l’administration de Donald Trump.

Plusieurs survivants de la dernière fusillade massive dans une école de Parkland (Floride) ont organisé samedi la « Marche pour nos vies », qui a rassemblé plus d’un demi million de personnes dans la capitale du pays et plus de 100 000 personnes à New York.

Les manifestants ont porté des pancartes exigeant la fin de la violence ou des contrôles plus importants pour éviter des tueries comme celle qui a eu lieu en Floride le 14 février dernier.

Ce jour-là, Nikolas Cruz, 19 ans, a abattu 14 étudiants et trois enseignants à l’école Marjory Stoneman Douglas, un massacre qui a déclenché une forte mobilisation aux États-Unis pour exiger des contrôles plus stricts sur l’utilisation et la vente d’armes.

Deux étudiants de cette école sont allés à New York, Sam Hendler et Meghan Bonner, et ont déclaré : « Les adultes nous ont laissé tomber, et maintenant il y a 17 morts », puis ils ont lu le nom de toutes les victimes et demandé un moment de silence en leur honneur.

Avec le maire de New York, était présent le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, qui a également déclaré que le gouvernement fédéral devrait faire une « réforme du bon sens » et a assuré que les autorités ne devraient pas craindre le lobbying de la National Rifle Association (NRA), mais « qu’il devait avoir plus peur du peuple américain ».

Parmi les participants de la marche à New York se trouvait Paul McCartney, qui a rappelé que près de l’endroit où il se trouvait avait été tué l’un de ses « meilleurs amis », faisant allusion à John Lennon, abattu le 8 décembre 1980 par Mark David Chapman.

Celle à New York fait partie des nombreuses manifestations appelées ce samedi dans de nombreuses villes du pays, bien que la plus importante ait eu lieu à Washington, avec la participation de près d’un demi-million de personnes.

Derrière les mobilisations, il y a le sentiment de milliers de jeunes qui en ont marre de la violence dans les écoles et les tragédies. Également marre du fait que l’establishment politique gouverne pour la NRA (National Rifle Association), les groupes des suprématistes blancs et les paramilitaires qui terrorisent les communautés noires et latino-américaines par leur violence raciste.

La récente fusillade à Parkland High School en Floride, qui a fait 17 morts, a produit une blessure qui touche profondément la jeunesse américaine, apparemment « habituée » aux fusillades dans les centres d’étude. « Never Again » (Jamais plus) était le cri de ce mouvement qui se développe depuis plusieurs semaines dans tout le pays.

Bien que la « Marche pour nos vies » ait cet esprit progressiste, au cours du temps, le mouvement spontanément initié dans les écoles secondaires à travers le pays, c’est défini pour exiger une réforme législative qui freine l’utilisation des armes, le nommé « gun control » (contrôle des armes à feu).

Y a-t-il un problème avec les demandes de contrôle des armes à feu ?
Oui : le problème avec la demande pour le contrôle des armes à feu est qu’il autorise directement l’État à réglementer ou interdire la possession d’armes à feu. Est-il souhaitable que les institutions de l’État contrôlent toutes les armes dans le pays ? Est-il souhaitable que la police détermine qui devrait avoir le droit de posséder des armes et qui ne devrait pas ?

Un État policier

L’État américain est armé jusqu’aux dents. Il possède l’armée la plus meurtrière de la planète, des bases militaires dans le monde entier et est l’auteur principal des guerres internationales, en particulier contre les peuples opprimés. L’exemple le plus infâme de son rôle militaire à l’échelle mondiale est peut-être son soutien inconditionnel à l’occupation palestinienne et à l’armée israélienne.

L’existence d’un centre de torture comme celui de Guantánamo n’est rien de plus que la démonstration la plus claire que l’État américain est le violeur des droits de l’homme le plus systématique au niveau mondial.

Au niveau national, le monopole de la force de l’État sert à terroriser sa propre population, comme en témoignent les niveaux d’incarcération des hommes afro-américains, le poids du système carcéral, les centres de rétention des migrants et la violence policière contre les Noirs, qui ont récemment pris la vie de Stephon Clark, un jeune afro-américain de Sacramento.

Durant l’administration Trump, les caractéristiques les plus répressives de l’appareil d’État se sont approfondies. L’ICE (Immigration and Customs Enforcement) terrorise les sans-papiers impunément. La police des frontières et les groupes paramilitaires traquent les travailleurs migrants dans les États du sud. Les centres de détention sont bondés de travailleurs latinos. La police locale a carte blanche pour continuer à assassiner les Noirs.

Pas plus tard que vendredi dernier, Trump a approuvé un budget qui augmente qualitativement les dépenses militaires avec le soutien de plusieurs démocrates et républicains.

Qui sont nos amis et qui nos ennemis dans la lutte contre la violence ?

Trump, les républicains et l’extrême droite défendent avec poigne leur droit d’avoir des armes pour imposer leur programme raciste et xénophobe. C’est pourquoi nous partageons la haine des centaines de milliers de personnes qui se mobilisent aujourd’hui contre la NRA, couverture « légale » de la suprématie blanche et des gangs fascistes.
Des millions de dollars vont aux poches des républicains par ces organisations qui ont toutes les ressources pour s’armer jusqu’aux dents. Mais les démocrates, qui utilisent aujourd’hui la demande de « gun control » (contrôle des armes à feu » pour se renforcer électoralement, ne sont pas non plus nos alliés.

Au cours de leurs administrations, en plus des guerres contre d’autres peuples, la violence policière a également été maintenue. Ce n’est pas par hasard que le mouvement Black Lives Matter a émergé au milieu de l’ère Obama, mettant en branle les quartiers noirs de Ferguson à Baltimore.

Le profond sentiment anti-Trump qui s’exprime de diverses manières aux États-Unis, tente d’être capitalisé par le Parti démocrate qui essaye de dilapider le mécontentement en le retirant des rues et en le détournant vers les élections intermédiaires pour se récupérer électoralement.

Pour que ce mouvement en termine vraiment avec les violences, il doit adopter une perspective indépendante. Nous ne pouvons pas faire confiance à ceux qui soutiennent et maintiennent la police (armée) dans les écoles et sont également complices de la brutalité policière. Ces hypocrites qui ont versé des larmes de crocodile aux victimes des fusillades afin de canaliser l’indignation et l’énergie de la jeunesse d’aujourd’hui dans le Parti démocrate.

Les amis de cette lutte sont le mouvement noir qui répudie aujourd’hui le meurtre par la police du jeune noir Stephon Clark à Sacramento, les enseignants mobilisés les semaines précédentes en Virginie Occidentale, les « dreamers » (rêveurs) qui font face à la déportation de leurs parents et se battent pour rester dans le pays où ils sont nés, les travailleurs migrants. Pour mettre fin à la violence à l’école, il est essentiel que les élèves, les enseignants et leurs organisations et parents s’organisent de manière indépendante des partis capitalistes qui sont les principaux responsables de la violence et qu’ils discutent démocratiquement pour une perspective différente.

Le mouvement ne peut réussir que s’il envisage un autre horizon. S’il se bat pour le retrait immédiat de la police dans les écoles, le désarmement immédiat de la NRA et de ses alliés et contre la brutalité policière envers la communauté noire. Pour le démantèlement des groupes paramilitaires à la frontière et la fin de la persécution de la police des frontières contre les migrants.

Source : La Izquierda Diario et Left Voice

Photo : marchforourlives.com

Trad. : Michel Rosso




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