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Politique

Capitulation

Marion Maréchal Le Pen quitte le FN sur fond de guerre fractionnelle avec sa tante

Chez les Le Pen, la famille a toujours été un sujet sensible : les oppositions entre Jean-Marie et Marine sont connus de tous, et dans cette opposition, Marion a toujours fait office de jeune lieutenant du papi. Aujourd’hui, elle quitte (momentanément) le parti pour se consacrer à d’autres choses.

La région PACA perd décidément tous ses figures : après Christian Estrosi hier, c’est au tour de Marion Maréchal Le Pen d’annoncer son retrait de la vie politique. Si pour le premier, de larges interrogations restent en suspens quant à ses futures relations au gouvernement Macron, pour la seconde, c’est bien un retrait total : elle ne se représentera pas pour les législatives, elle qui était en 2012 la plus jeune députée de France à 22 ans. Une onde de choc dans le parti frontiste, dont elle était une des cadres les plus importants, très appréciée des militants, et surtout de Jean-Marie Le Pen : c’est lui qui l’a poussé à se présenter dans la circonscription de Carpentras où est devenue la seule députée FN du quinquennat (Gilbert Collard n’étant qu’apparenté).

Si elle a avancé des motifs personnels pour ne pas rempiler ¬–divorce, une petite fille de 3 ans avec laquelle elle veut passer du temps, l’idée d’une carrière dans le priv鬖 le contexte fractionnel au sein du Front National n’y est évidemment pas pour rien. Depuis quelques années déjà, l’importance qu’a pris la stratégie de Florian Philippot, la stratégie de « dédiabolisation », a toujours été à l’encontre de la ligne de la cadette du Front. En effet, la volonté de créer une nouvelle force politique rassemblant les « patriotes », et de poursuivre l’orientation aux accents faussement social entamée avec Philippot, a de quoi frustrer celle qui a toujours tenu un discours au conservatisme clairement assumé, et économiquement ouvertement libéral, une ligne plus proche des origines du FN mais qu’elle a décidé de ne pas défendre dans une bataille politique ouverte.

Elle avait ainsi expliqué en juin 2013 que « le jour où j’aurai une divergence de fond avec la ligne du parti, je ne chercherai pas à l’imposer. J’arrêterai la politique, tout simplement. [...] Ce qui m’angoisse, ce serait d’en faire une carrière comme certains. En 2017, j’aurai 27 ans. Si j’ai d’autres envies, je n’exclus pas de faire autre chose ». Une forme de capitulation politique ? C’est en tout comme cela que Jean Marie Le Pen le prend, estimant que « s’il n’y a pas une raison gravissime à cette décision, je considère que c’est une désertion ». L’ambiance est donc plus que jamais tendue au Front National, entre les partisans d’un parti plus large et qui va jusqu’à piocher dans les thématiques de la gauche pour faire recette, et les partisans d’une ligne plus dure, un libéralisme assumé, ouverte aux franges les plus réactionnaires de la droite républicaine.




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