Genres et Sexualités

Homophobie d’État

Maroc. Deux mineures arrêtées pour « homosexualité »

Publié le 3 novembre 2016

Sanaa et Hajar, âgées de 16 et 17 ans, ont été arrêtées par la police, à Marrakech, le 27 octobre. Leur crime ? Avoir été surprises en train de s’embrasser – ce qui est passible de trois ans de prison au Maroc.

Léonie Piscator

Il y a une semaine, un proche de l’une des deux jeunes filles a surpris Sanaa et Hajar en train de s’embrasser. « Il a alerté les parents qui ont appelé la police » relate Omar Arbib, responsable local de l’AMDH (Association marocaine des droits humains) au magazine Tel Quel. Elles ont par la suite toutes deux été interpellées et placées en garde à vue. L’une d’entre elle, sans-abris, est également accusée de « délinquance ».

Au Maroc, comme dans 76 autres pays, l’homosexualité est criminalisée et passible d’une lourde peine. En effet, d’après l’article 489 du Code pénal marocain, les personnes ayant commis des « actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe » encourent de six mois à trois ans de prison ferme. De nombreuses organisations, au Maroc et au-delà, exigent depuis longtemps l’abrogation de cette loi et condamnent la politique violemment homophobe qui a court dans ce pays.

Après 48 heures de garde à vue et une présentation au parquet, Sanaa et Hajar ont été placées en détention, en attente de leur procès qui doit se tenir ce vendredi 3 novembre. Depuis leur incarcération, et malgré le fait qu’elles soient toutes deux mineures, elles n’ont pas pu rencontrer leurs parents.

La loi, ouvertement homophobe, incite régulièrement à commettre des actes de haine envers les personnes LGBT au Maroc. On se souvient notamment de l’agression filmée et extrêmement violente de deux hommes homosexuels en mars dernier et qui n’avait pas été condamnée, contrairement à l’un des deux hommes agressé qui avait été condamné à deux mois de prison. Grâce à un écho et une mobilisation internationale, ils avaient par la suite été relâchés.

Continuons à nous battre pour nos libertés et notre droit à aimer, pour que cessent définitivement ces actes et mesures homophobes.