Politique

Édito du 19/09/16

Marre de les entendre se préparer à 2017 ? Et si on faisait entendre la voix de notre classe ?

Publié le 23 septembre 2016

C’est parti. Ça n’aura échappé à personne. Sur les plateaux télé, avec des émissions tous les soirs, dans les journaux, à la radio : les candidats sont de sortie, et ça va durer jusqu’à la présidentielle, en mai, suivie des législatives. Toutes et tous, qu’ils soient postulants à une primaire ou directement à l’Élysée, les voilà nous ressortir leurs vieux discours tout en proclamant qu’ils ont changé.

À droite, c’est la foire aux faux-jetons, à qui cachera le mieux son jeu : celui qui s’est pris la grande grève de novembre-décembre 95 dans la figure, Juppé, joue aux vieux sages face à un Fillon, ancien Premier ministre de Sarko, à l’origine de la contre-réforme des retraites en 2003 déjà, puis d’une seconde, en 2010. Se voulant au-dessus de la mêlée, malgré ses casseroles judiciaires, il y a bien entendu Sark’commence, l’homme au karcher qui fricote avec l’extrême droite.

En attendant que Hollande ne se déclare, ce sont, à « gauche », d’anciens ministres à lui, Hamon et Montebourg, comptables de sa politique anti-sociale, qui sont sur les starting-blocks et qui essayent de lui savonner la planche. Pour l’instant, c’est Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef, qui fait campagne pour le locataire de l’Élysée, et elle le fait savoir dans la presse. Pour ce qui est de l’ex-ministre banquier, Emmanuel Macron, il veut faire du neuf en se disant « ni de gauche, ni de droite ». Faux-jetons, on vous disait.

Pour faire du neuf avec du vieux, on a aussi Le Pen, la fille, qui reprend les thèmes chers à son père. Dans un contexte ordurier, réactionnaire et islamophobe cultivé par le gouvernement, elle en profite pour pousser ses pions. Elle, la fille de Saint-Cloud, se paie le luxe de vouloir parler « au nom du peuple », comme elle vient de le déclarer lors des « estivales » du FN qui viennent de se tenir à Fréjus…

Et pour les travailleurs, les classes populaires et la jeunesse, que reste-t-il ? Mélenchon ? Faut-il attendre quelque chose de l’ancien ministre de Jospin et grand ami de Mitterrand, davantage attaché à la défense du drapeau bleu-blanc-rouge qu’à l’idée de vraiment renverser la table, ce qui impliquerait une rupture complète avec le système ? Certains, y compris parmi des collègues proches, disent vouloir voter « pour Marine » pour dire leur colère, ce qui reviendrait à voter pour la pire ennemie des travailleurs. D’autres, enfin, choisiront de ne pas aller voter, dégoûtés de la politique.

Et pourtant, il y aurait bien la possibilité que l’extrême gauche se fasse le relais d’une puissante campagne politique en défense des intérêts des ouvriers, des employés, de la jeunesse et des classes populaires. Une campagne dans le sillage du mouvement contre la loi Travail et son monde, c’est-à-dire contre toutes les violences que nous subissons nous et nos proches, au travail, par la précarité, le chômage, dans les quartiers, à travers les violences policières et la répression, contre cet État qui nous matraque, ici, et bombarde, ailleurs.

C’est avec cette perspective que nous soutenons la candidature de notre camarade Philippe Poutou, qui incarne la résistance ouvrière de ces dernières années face aux « plans de sauvegarde de l’emploi », et veut se faire le porte-parole de tous les secteurs qui luttent contre ce monde. Sur les lieux de travail, d’étude, dans les quartiers, cette campagne doit vivre et s’incarner, être un outil pour celles et ceux qui résistent, un outil au service de la construction de l’affrontement contre l’actuel gouvernement et le prochain. Pour que cette voix existe, nous sommes déterminés à faire vivre cette campagne malgré les restrictions toujours plus fortes imposées par ce système pour nous faire taire : baisse du temps de parole des petits candidats, suppression de l’envoi des professions de foi, et surtout l’exigence des 500 signatures d’élus locaux.

Les travailleurs et la jeunesse ont besoin d’exprimer leurs propres intérêts, ainsi que de rejeter ce système qui les exploite. Pour les législatives, les différents courants de l’extrême-gauche, à commencer par le NPA et LO, devraient se regrouper et se mettre au service d’une campagne avec des listes constituées avec les dockers et les dockeuses du Havre, qui ont été à la pointe du combat au printemps, par les raffineurs et les raffineuses, qui ont bien failli paralyser le pays, avec tous les camarades qui subissent la répression, à commencer par les Goodyear et les Air France, avec la jeunesse qui a été de la bagarre et celles et ceux qui subissent dans les quartiers le racisme d’État et la répression policière. Voilà ce qui serait une réponse à tous ces beaux-parleurs et ces faux-amis, une façon également de préparer nos luttes qui vont se poursuivre avant et après 2017, parce que tout est pire qu’avant, contre l’application de la loi Travail, en solidarité avec les camarades réprimés, à commencer par les Goodyear et les Air France, contre les plans de licenciement qui se multiplient, à commencer par Alstom Belfort, dans les services publics, et contre les politiques austéritaires.