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Politique

Un nouveau prétexte pour la politique sécuritaire du gouvernement

Marseille. Deux morts dans une attaque au couteau revendiquée par Daesh

Ce dimanche, un homme dont l’identité est encore inconnue a attaqué deux passantes devant la gare Saint-Charles, à Marseille. Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Aamaq, Daesh a revendiqué l’attaque.

L’attaque s’est produite aux alentours de 13h45 ce dimanche. Un homme, muni d’un couteau a tué deux femmes avant d’être abattu par un militaire de l’opération Sentinelle en patrouille dans la gare à ce moment-là. Les deux victimes, originaire de la région lyonnaise, étaient deux cousines. L’agresseur serait âgé d’une trentaine d’années, son identité est "en cours de vérification".

L’attaque a rapidement été revendiquée par Daesh. Pour certains observateurs, cette déclaration serait une preuve pour une organisation peu incline à faire des revendications opportunistes. Pour l’heure, les services de l’Etat semble être prudent. Si un juge anti-terroriste a bel et bien été saisi pour une enquête pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste », le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ne s’est pas avancé sur le caractère « terroriste » de l’attaque.

Dans tous les cas, cette affaire montre que le recul de Daesh sur le terrain, notamment après la reprise de Mossoul, ne signifie pas un abandon de ses velléités terroristes. Bien au contraire, il est probable que ce genre d’attaques connaissent un certain regain pour compenser son recul militaire. D’autant plus que les offensives sur Mossoul et maintenant Raqqa renforce la défiance vis-à-vis d’une intervention occidentale qui, sous prétexte de délivrer le monde du terrorisme, cherche surtout à défendre ses intérêts. Les tonnes de bombe lâchées par l’aviation française sur ces zones, et les dégâts civils nombreux qu’elles occasionnent, alimentent la barbarie perpétrée par Daesh partout à travers le monde.

D’ores et déjà, et avant même que l’enquête ait pu aboutir, les relents sécuritaires ont déjà fait leur apparition dans l’ensemble de la classe politique dominante. « Si les militaires n’avaient pas été là, on aurait eu un nombre de morts plus important, même si deux morts, c’est déjà énorme », a par exemple déclaré la sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône Samia Ghali sur France Bleu Provence. Le gouvernement, lui, a d’ores et déjà sauté sur l’occasion pour justifier son tour de vis-sécuritaire. Après avoir renouvelé une nouvelle fois l’état d’urgence et l’opération Sentinelle, Macron prévoit de faire rentrer dans le droit commun l’état d’urgence ce 1er novembre, une mesure particulièrement liberticide qui avait suscité de fortes réactions à propos des menaces qu’elles faisaient passer sur les droits démocratiques.

[Crédits Photos : BERTRAND LANGLOIS / AFP]




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