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Notre classe

Quand le PDG se nomme Jean-Claude Gaudin

Marseille. Fliqués, les agents municipaux devront désormais pointer !

"Pour avoir des agents efficaces, il faut d'abord les écouter et les impliquer dans leur travail", note le président du groupe municipal PS Benoît Payan. La mairie de Jean-Claude Gaudin (LR), a une toute autre vision puisqu'elle a fait le choix de faire pointer les 12 000 agents de la ville, ainsi que ceux de la métropole et de la collecte... ou quand l’administration publique devient l’usine…

Crédits photos : Gérald Bloncourt

La mairie de Marseille a beau faire passer « officiellement » le système de pointeuse comme un banal dispositif de sécurité, personne n’est dupe. Même Jean-Claude Gondard, secrétaire général de la Ville se doit de l’admettre, l’utilisation obligatoire des cartes à piste magnétique pour les fonctionnaires municipaux (élus compris) "renseigne utilement sur la présence des agents dans les bâtiments et les bureaux". Autrement dit, la ville de Marseille se dote d’un dispositif de flicage, en bonne et due forme de ses agents. Sous couvert « d’objectif de sécurité », la ville de Marseille met la logique de « rentabilité » à l’ordre du jour. L’agent municipal n’est plus que considéré comme une ligne de chiffres (ses heures de travail) sur un tableau Excel. Pour l’humain, on repassera.

« Moi-même, à partir du moment où j’entre dans le parking, je suis tracé six fois jusqu’à mon bureau », admet le même Jean-Caude Gondard qui ne trouve rien à redire à ce big brother des temps modernes qui observera les moindres faits et gestes des agents de la ville. C’est déjà le cas pour entrer au sein de l’hôtel de ville, dans les locaux du service des sports et patrimoine à l’îlot Allar (15ème arrondissement), ou au pavillon Daviel. Si le terme de « pointage » est habilement esquivé du côté de la mairie, d’après Jean-Pierre Zanlucca, secrétaire FSU-territoriaux, « c’est en tout cas ce que ressentent les agents ». Il dénonce par ailleurs une « stigmatisation des personnels ».

Un flicage absurde soutenu par la CFDT

A terme, les badges seront distribués non seulement aux 12 000 agents de la ville, mais aussi à ceux de la Métropole. Les agents de la collecte, qui avaient pour habitude de quitter leur poste une fois le travail accompli (normal, on a envie de dire), devront aussi s’y coller. Autrement dit, quand bien même la collecte du jour A, est terminée, ils devront patienter dans les locaux, pour pointer à l’heure voulue. Qu’en sera-t-il si la collecte du jour B n’est pas finie, à l’heure initialement prévue ? Ils continueront certainement leurs jobs par pure conscience professionnelle comme ils l’ont toujours fait, n’ayant que faire du calcul entre le temps prétendument gagné le jour A et celui perdu le jour B. Vous l’aurez compris, pointer à des horaires strictes alors que l’amplitude horaire peut varier selon la journée de travail relève de l’absurde. D’autant que la capitale provençale l’admet elle-même, il y a une "spécificité des conditions de travail à Marseille", comme "l’insécurité urbaine", "la prise en charge de publics en difficulté", ou encore "la complexité et la diversité du milieu urbain marseillais".

Notons enfin que la CFDT se positionne une nouvelle fois - dans sa logique de collaboration de classe-, en faveur du principe des badgeuses.




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