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Politique

Violence policière

Marseille. Une octogénaire décédée après avoir reçu une grenade lacrymogène en plein visage

Une octogénaire a reçu samedi une grenade lacrymogène en plein visage alors qu’elle cherchait à fermer la fenêtre de son appartement pour éviter les gaz. Elle est décédée hier à l’hôpital.

L’habitante d’un immeuble situé à proximité de la Canebière, âgée de 80 ans, est décédée hier à l’hôpital. Dans la journée de samedi, celle-ci avait reçu une grenade lacrymogène en plein visage alors qu’elle tentait de fermer ses volets pour éviter les gaz lacrymogènes, comme l’a expliqué Salim Moussa à l’AFP, un avocat d’une proche de la victime.

La mort de cette octogénaire prend place dans le contexte de la forte répression qui a sévi samedi contre les mobilisations des gilets jaunes. Comme samedi dernier, à Marseille, à Paris et dans toute la France, ce sont des milliers de grenades lacrymogènes qui se sont abattues ce 1er Décembre sur tous ceux qui exprimaient leur colère contre un gouvernement qui a pour le moment choisi de frapper fort plutôt que d’entendre leurs revendications.

Dans ce contexte répressif, ce type « d’accident » est amené à devenir de plus en plus fréquent. En effet, à Paris, on a vu comment des grenades atterrissaient sur les balcons et fenêtres des riverains. Rue de Rivoli, à côté du jardin des Tuileries, alors que la police bloquait l’accès des manifestants aux Champs Élysées, à plusieurs reprises des grenades lacrymogènes sont tombées dans des appartements, atteignant les fenêtres situées aux quatrièmes et cinquièmes étage.

Si le Procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, a reconnu que l’on avait retrouvé au domicile de l’octogénaire « des plots de grenades », la Justice cherche pour le moment à temporiser en minimisant le lien entre le décès et le tir de grenade lacrymogène, évoquant notamment un « choc opératoire » et la « santé fragile » de la femme décédée.

Des justifications qui cachent mal la responsabilité écrasante du gouvernement et de sa police, qui répondent depuis plusieurs semaines à la colère par une répression féroce. Pour ne citer que quelques exemples, samedi ce sont plus de 400 personnes qui ont été arrêtées à Paris et plus de 130 qui ont été blessées. A Bordeaux, la violence policière a fait au moins 3 blessés graves, ayant écopé respectivement d’une mâchoire ouverte, d’une main arrachée et d’un poumon déchiré. A Toulouse, un manifestant se trouverait actuellement dans le coma suite à un tir de flashball en pleine tête.

Les appels à témoignages circulent dans plusieurs villes. Depuis Révolution Permanente, nous appelons nos lecteurs à transmettre leurs témoignages, photos et vidéos, par message privé sur les réseaux sociaux ou par mail à siterevolutionpermanente@gmail.com.

Crédit photo : LP/Philippe de Poulpiquet




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