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Martinez « condamne fermement » l’affiche de la CGT Info Com’

L'affiche de la CGT info'com, qui appelle au « front social » et qui renvoie dos à dos le candidat ultra-libéral Macron et la candidate xénophobe et protectionniste Marine Le Pen au second tour, a attiré les foudres de Philippe Martinez…

Décidément la CGT Info’Com, et Martinez, le Secrétaire Général de la centrale syndicale, semblent ne pas être sur la même longueur d’onde. On connaît déjà les différends que ces derniers ont eu pendant la mobilisation contre la loi travail au sujet d’une affiche dénonçant les violences policières. C’est maintenant sur l’attitude à avoir d’ici l’entre-deux tours qui oppose les candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen, que les avis divergent radicalement. L’affiche en question appelle explicitement à refuser tout chantage au vote Macron, et renvoie dos-à-dos les deux candidats, en appelant au front social pour riposter.

Dans une interview de Martinez donnée sur Europe 1, ce dernier se dit en « profond désaccord » avec la position de cette section syndicale, et « condamne fermement » ladite affiche. Le secrétaire général affirme que la CGT rejette le mot d’ordre de la CGT Info Com et que la CGT appelle « à battre le front national ». Moins explicite que la CFDT qui a clairement appelé à voter Macron au second tour, Martinez déclare : « Le Ni Ni n’est pas la position de la CGT, cela veut dire qu’il faut aller voter, c’est clair ». Ce que réfute par ailleurs un communiqué de syndicalistes la CGT qui rappelle que Martinez dépasse le mandat donné par la confédération.

En effet, la consigne de vote de la confédération au lendemain du premier tour, « pas une seule voix pour le FN » laissait la possibilité de choisir entre s’abstenir ou de voter en faveur de Macron. Avec ses récentes déclarations, Martinez appelle explicitement à se ranger derrière le front républicain, et à céder au chantage du vote Macron, le candidat de l’ultra-libéralisme, l’ancien banquier qui promet pour les travailleurs une loi El Khomri puissance 10, puisque celui-ci déclare « cela veut dire qu’il faut aller voter, c’est clair ».

Si il n’est pas étonnant de voir Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT se positionner ouvertement pour le candidat d’En Marche, lui qui s’était rangé du côté du gouvernement lors de la mobilisation contre la Loi Travail, en revanche il est plus contradictoire pour Martinez de s’afficher autant du côté de Macron, et de « condamner fermement » ses syndicats qui appellent à refuser le chantage au front républicain. En effet, est-il nécessaire de rappeler à Martinez, ce que la loi El Khomri (dont le véritable précurseur n’est autre qu’Emmanuel Macron) a permis depuis son application, en terme de casse et de recul social ? Ou encore ce que prévoit le programme du candidat qui a encore confirmé lors de son dernier meeting à la Villette qu’il ne renoncerait pas à son programme anti-social contre ce qu’il reste du code du travail ?

Alors que la pression au vote Macron se fait toujours plus forte à mesure que le second tour se rapproche, et que la classe politique et médiatique s’en fait le relais, toutes les positions du mouvement ouvrier et de la jeunesse allant dans le sens d’une alternative d’indépendance de classe sont des points d’appuis pour préparer les prochaines batailles, et ce, peu importe les résultats du second tour.




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