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Tribune libre

« McDo, rends le magot ! »

Publié le 28 octobre 2016

Mercredi une cinquantaine de jeunes, à l’heure de midi, salariés et étudiants ont bloqué le McDonald’s de la Gare du Nord, à Paris. Ils demandaient des salaires décents et dénonçaient les méthodes de la multinationale qui n’honore pas ses obligations fiscales en France, utilisant le Luxembourg comme pays "refuge" ! Ils se sont ensuite dirigés vers d’autres établissement, notamment Parmentier.

Arthur Porto

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C’est une action concertée qui ont conduit les salariés en grève du Mc Do de la Gare du Nord, avec l’appui de la CGT, de l’UNEF, du Collectif Pouvoir Agir, de la Mission populaire évangélique, RéAct, entre autres.

Que demandent les salariés en grève du Mc Do ? Une revalorisation de leurs salaires, de meilleures conditions de travail mais aussi l’exigence que les bénéfices de l’entreprise ne soient pas transférés au Luxembourg sous couvert d’optimisation fiscale. Il s’agit plutôt, pour les manifestantes, un détournement voire une fraude fiscale.

Pour un salaire à 13 euros/heure. "On fait le travail de deux, trois personnes et les salaires ne suivent pas, McDonald’s s’enrichit sur notre dos", accuse Jessica, employée depuis 15 ans. Les salariés qui débutent sont payés au Smic (9,67 euros brut de l’heure, ndlr) et "comme une majorité des effectifs travaillent à temps partiel imposé, 24h par semaine, ça fait 770 euros par mois", dénonce Gilles Bombard de la CGT.

Le syndicat met en cause l’organisation par la direction de Mc Do d’un « déficit systématique de ses restaurants » pour minimiser les bénéfices en France. Une « relocalisation de ses profits » permettrait de payer un salaire de 13 euros, qui est la revendication des salariés.

Cité par les Inrocks, Jaspal De Oliveira Gill, présidente de l’Unef à Paris I témoigne : “C’est ReAct qui est venu nous contacter pour qu’on participe à la lutte contre Mc Do. On y voit un intérêt, en tant que syndicat étudiant. Même si nous sommes plutôt contre le salariat étudiant, parce qu’il empêche d’étudier et de réussir ses études, à partir du moment où plus de 50% des étudiants sont salariés, on demande à ce que ce soit au moins dans de bonnes conditions, et qu’ils ne soient pas sous-payés“.
Ce blocage était aussi un moment de fête avec le clown Ronald McDonald’s, la célèbre mascotte de l’enseigne, qui faisait la manche dans la rue, mode de sensibiliser les passants et les enfants nombreux à cette heure de midi.
"McDo escroc, faut partager le magot !"

Le mouvement, difficile a élargir tant la précarité de leur emploi et leurs statuts de salariés sont différents, est aussi motivé par le détournement des bénéfices vers le Luxembourg, « où le taux de l’impôt sur les bénéfices est inférieur à celui qui a cours en France ». Pour le responsable CGT il s’agit concrètement de « la relocalisation des profits générés par McDonald’ s ».

On sait qu’une perquisition a eu lieu au siège de McDonald’s France au mois de mai dernier, dans le cadre d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale ». La direction est soupçonnée de diminuer artificiellement ses bénéfices, utilisant des versements à la maison-mère, située au Luxembourg. Cette façon de faire conforte la position de l’entreprise sur les bas salaires en correspondance avec les bénéfices « déclarés ».. .

Certes, le mieux pour une question de santé publique c’est de ne pas fréquenter ces établissements... mais puisque ils sont là et qu’ils sont très fréquentés et « appréciés » par les jeunes clients, faisons en sorte que les conditions de travail et les salaires soient justes, en harmonie avec le travail fourni. Et peut-être, oh vain espoir !, qu’un jour la qualité de cette restauration rapide tiendra davantage compte de la santé alimentaire de ses clienthttp://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/blocages-plusieurs-mcdonald-s-paris-demander-meilleurs-salaires-1117319.htmls!