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Politique

Extrême droite

Meeting du FN à Lille : nationalisme et populisme pour séduire les travailleurs

Dimanche 26 mars, 5000 personnes étaient réunies à Lille pour le meeting de Marine Le Pen. Sa cible ? Les classes populaires. Sa bête noire ? L'Union européenne.

Dimanche après-midi, au Zénith de Lille, plus de 5000 personnes sont venues écouter la candidate du Front National, pour son premier meeting depuis la validation officielle des parrainages. En parallèle, une manifestation pour protester contre sa venue a réuni un demi-millier de personnes. Les sujets de prédilection de Marine Le Pen ? Le Frexit, l’immigration, l’insécurité.

FN : « identité nationale » et mythe du parti populaire

Le meeting de Marine Le Pen s’est ouvert sur un hommage aux terres du Nord, « heureuses, laborieuses, généreuses, mais aussi pétries de la sueur des mineurs et du sang des poilus », en référence à Winston Churchill. En une phrase, la candidate résumait ainsi deux des thèmes centraux de son discours : la volonté de conquérir l’électorat issu des classes populaires et un discours identitaire et nationaliste.

S’adressant avant tout à cette base électorale instable et volatile composée des travailleurs les plus précaires, Marine Le Pen a dénoncé la « privatisation de la sécurité sociale, l’émiettement du droit du travail, la suppression de la majoration des heures supplémentaires […] le recul de l’âge de la retraite […] la réduction drastique de l’indemnisation des chômeurs ». De la poudre aux yeux, quand on sait que son programme avantage en réalité le petit patronat au détriment des travailleurs. Ainsi, elle promet en réalité d’« alléger la complexité administrative et fiscale pesant sur les TPE-PME », de « réduire le nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés » ou encore d’« abaisser les charges sociales des TPE-PME ». De véritables cadeaux à la petite bourgeoisie, bien loin du profil pro-ouvrier qu’elle a tenté de montrer lors de son meeting à Lille.

Elle a d’ailleurs poursuivi avec son sujet de prédilection : la fermeture des frontières et l’immigration. Elle a promis un État « garant » qu’elle souhaite « remettre au service exclusif du peuple français », évoquant également un « patriotisme économique ». Mais, alors que Marine Le Pen rentre tout juste d’un séjour en Russie, où elle a notamment été photographiée aux cotés d’un ministre réactionnaire, sexiste et homophobe, elle nous donne une idée assez claire de sa conception de l’État : « Les représentants de l’ordre ancien ne sont plus entendus. J’ai rencontré le président libanais, tchadien, le président russe Vladimir Poutine. De vrais hommes d’État. » Ce à quoi ses partisans ont applaudi chaudement.

La sortie de l’Union européenne : un moyen de se démarquer ?

Le Frexit est sans aucun doute une position qui permet au Front National de se distinguer des autres candidats en tête des sondages. Le sujet, partant de la question de l’Europe économique et du souverainisme, lui permet d’aborder la question des frontières et de l’immigration. Elle s’est donc attaquée pendant de longues minutes et sans distinction, à la mondialisation, la disparition de « l’identité nationale », le « communautarisme », qu’elle regroupe pêle-mêle dans ce qu’elle nomme « l’idéologie du sans-frontiérisme ». Un moyen d’appuyer sur ce qui fait le lit du FN et de l’extrême-droite en général : le racisme, la haine et la peur, et qui prend racine dans la précarité toujours croissante.

Elle a par ailleurs profité de cette question pour attaquer frontalement Emmanuel Macron en le traitant de « Jean-Claude Van Damme de la politique » car « on ne comprend ni ce qu’il dit ni ce qu’il fait », provoquant ainsi les rires de l’assemblée.

Sur la Guyane

Mais c’est lorsque la candidate du parti d’extrême-droite s’est exprimée sur la Guyane, qui est entrée en grève générale ce lundi, qu’elle a le plus laissé apparaître son visage réactionnaire. Partant du bilan que « depuis dix ans, les gouvernements successifs se sont contentés pour l’outre-mer d’un service qui, à force d’être cruellement minimum, en est devenu coupablement insuffisant », évidemment sans dénoncer le néo-colonialisme français que subissent les populations de Guyane et d’ailleurs, elle déclare que là-bas « nos compatriotes n’en peuvent plus, comme nous tous, d’une immigration massive, de l’insécurité qu’elle génère. »

Elle promet donc, si elle est élue, de faire régner l’ordre dans ces colonies françaises du XXIème siècle, tout comme en métropole, en érigeant celles et ceux qui fuient la guerre et la misère comme les ennemis principaux. Mais les ennemis des travailleurs, des classes populaires, des plus précaires, c’est le Front National et l’ensemble de la caste politicienne corrompue, qui distillent leur poison et tentent de diviser notre camp social, en surfant sur une idéologie réactionnaire, raciste, sexiste et homophobe.




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