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Politique

Il n’y a pas de mariage heureux

Mélenchon et le PCF : le torchon brûle

On savait que les relations entre la direction de la France Insoumise et celle de la place du Colonel Fabien n’étaient pas au beau fixe. Mais la situation est plus qu’orageuse. FI veut porter plainte contre le PCF…

Crédits photos : Boris Allin // Libération

Il y avait eu les remous d’avant campagne, dans le cadre des signatures, que Jean-Luc Mélenchon n’a eu que sur le tard, la direction du PCF faisant, selon FI, de la rétention. Puis il y a eu les multiples pressions à ce qu’il y ait une candidature unique à gauche, a priori derrière Hamon, ce qui est, au final, tombé à l’eau. Et puis, dès le soir du premier tour, Pierre Laurent, pour la direction du PC, a été clair dans son appel au front républicain et au vote Macron, là où Mélenchon a réservé sa position.

Mais c’est la course aux législatives qui est en train de tout faire tourner au vinaigre. Le sauvetage d’un groupe parlementaire PCF est vital pour le parti de Laurent, d’un point de vue politique mais aussi, et surtout, financier. C’est dans cette optique-là que des tractations ont déjà eu lieu avec le PS, en vue d’envisager de possibles retraits, dès avant le premier tour, ou des désistements, au second. Compte-tenu de l’état de déliquescence dans lequel se trouve les socialistes, partagés entre vallsistes, hamonistes et hollandistes, tous sur des positions discordantes, et alors que En Marche ! essaye d’attirer des parlementaires sortants, la situation est délicate.

Mais le PCF, néanmoins, ne rechigne pas à faire apparaître, en grand, le profil de Mélenchon ou des symboles de FI sur les maquette de profession de foi et le matériel de campagne de ses candidats, alors même que FI présente des candidats sur toutes les circonscriptions, sans accord avec les socialistes, y compris contre des PCF. Compte-tenu de ce mélange des genres et petites manœuvres politiciennes, le sang de la direction de FI n’a fait qu’un tour, et c’est en justice qu’elle entend régler ses différends.

« Le PCF, dit le communiqué qui est sorti jeudi, cherche à semer la confusion chez les électeurs qui ont voté pour le candidat de la France Insoumise en faisant croire que les candidats du PCF aux législatives ont le soutien de Jean-Luc Mélenchon. Il n’en est rien. Les seuls candidats qui ont ce soutien sont ceux validés par la France Insoumise. En conséquence nous exigeons du Parti Communiste l’arrêt immédiat de l’utilisation de la photo de Jean-Luc Mélenchon ainsi que de tous les éléments graphiques appartenant à la France Insoumise. Nous rappelons que dans notre pays existe un droit à l’image qui doit être respecté y compris pour une personnalité politique publique. Nous dénonçons cette usurpation et nous décidons d’engager les poursuites judiciaires afin de faire cesser cette situation puisque nos rappels à l’ordre répétés ne sont suivis d’aucun effet. Nous déplorons un procédé qui, au nom de ‘l’identité communiste’, refuse tout accord national mais s’approprie l’image de la France insoumise et de son candidat dans le but de gonfler artificiellement le score du PCF ».

Finalement, selon Le Parisien], PCF et FI seraient arrivés à un accord de désistement réciproque sur 52 circonscriptions. C’est cette négociation qui serait à l’origine du gros coup de pression de Mélenchon sur la Place du Colonel Fabien, sans que, pour l’instant, il n’y ait confirmation de parte et d’autre.

On ne saurait être plus clair. Mais indépendamment de ce débat sur « le droit à l’image », pour le monde du travail, pour la jeunesse, pour toutes celles et ceux qui, aux présidentielles, ont choisi un vote de conscience et combatif pour l’extrême gauche, radicalement alternatif aux propositions de réforme du système, aux « Plans B », X ou Y, aux discours aux accents chauvins et aux drapeaux bleu-blanc-rouge secoués à l’envi dans les meetings, pour celles et ceux qui refusent, pour ce second tour, de choisir entre Le Pen et Macron sur les injonctions des appareils de gauche, il n’y aura qu’un vote, aux législatives : un vote pour les candidats et les candidates qui défendent une perspective de lutte de classe, combative et révolutionnaire et qui se présenteront, notamment, sous les couleurs du NPA et de Lutte Ouvrière. C’est dans la rue, et pas sur les bancs de l’Assemblée, que se jouera le combat contre le favori des sondages ce dimanche, candidat de la banque et du patronat.

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