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Politique

Pas de cadeau pour la fonction publique

Méprisés par l’État, les fonctionnaires ne bénéficieront pas de prime exceptionnelle

Alors que les salaires des fonctionnaires n’augmentent presque pas depuis près de 10 ans, la nouvelle est tombée : les travailleurs de la fonction publique ne bénéficieront pas de la prime exceptionnelle vantée par Macron dans son allocution.

Crédit photo : PHILIPPE CHEREL

L’une des mesures annoncées par Macron pour tenter de calmer la colère des Gilets Jaunes est la fameuse prime exceptionnelle de 1000 euros, exonérée d’impôts. Une prime qu’il laissait le soin aux patrons d’accorder ou non… Une tentative de division en déplaçant le débat entreprise par entreprise, dans un contexte où la colère est largement majoritaire dans la population.

Mais l’État fait lui-même partie des mauvais élèves, puisque comme le soulignent de nombreuses organisations syndicales, les travailleurs de la fonction publique ne sont en rien concernés par cette mesure. Pourtant, les fonctionnaires sont loins d’être épargnés par la vie chère et la baisse du pouvoir d’achat.

Le point d’indice sur lequel sont indexés les salaires de la fonction publique est gelé depuis près d’une décennie. Avec seulement une exception pour les années 2016 et 2017, où le dégel du point d’indice est loin d’avoir permis de compenser la perte de pouvoir d’achat enregistrée chez les fonctionnaires. Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, le point d’indice est de nouveau gelé, et le sera encore sur 2019.

Chez les travailleurs du public, ils sont 4 sur 10 à être payés au SMIC – le taux monte même jusqu’à 75 % dans la fonction publique territoriale. Mais l’État, qui fait pourtant de gros cadeaux aux plus riches en supprimant l’ISF par exemple, et qui oblige une large majorité des 5,5 millions de fonctionnaires à se serrer la ceinture, refuse d’appliquer une mesure que Macron a lui-même revendiquée.

Le prétexte pour ne pas verser de prime aux fonctionnaires ? Un manque d’argent ! Pourtant, ce n’est pas ce qui semble manquer à l’heure où le gouvernement décide de mettre en place un service national obligatoire pour la jeunesse, et de verser une prime à un secteur très particulier : la police et les militaires mobilisés contre les Gilets Jaunes ! L’art de manier la matraque et le flashball, de blesser, de mutiler et de tuer sur ordre du gouvernement : un métier d’avenir ?




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