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Messi et l’équipe argentine ne joueront pas à Jérusalem. Un camouflet pour Israël

Le match de préparation à la coupe du monde entre l’Argentine et Israël a été annulé suite aux pressions de joueurs en interne comme Mascherano et Messi qui refusaient de jouer à Jérusalem, dans le stade du club récemment rebaptisé Beitar-Trump Jérusalem. Mais le premier ministre israélien pousse la Fédération argentine de football (AFA) à changer de décision.

crédits photo : HAZEM BADER / AFP

Suite aux pressions internationales de la part d’associations, de supporters et de joueurs, l’Albiceleste a annulé son match amical du 9 juin contre Israël, match qui aurait dû avoir lieu dans le stade du club nouvellement rebaptisé le Beitar Trump Jérusalem, le stade Teddy Kollek, construit dans le quartier palestinien de Malha rasé après l’expulsion de ses habitants en 1948, lors de la Nakba. L’AFA aurait dû toucher 3 millions d’euros pour que Messi joue à Jérusalem, mais ce dernier, ainsi que d’autres joueurs cadres de la sélection comme Higuain et Mascherano, ont poussé à l’annulation du match.

Cette décision a provoqué la colère dans les hautes sphères de l’Etat israélien qui prévoyait de faire de ce match une fête pour les 70 ans de la création de l’Etat sioniste et d’en faire un événement hautement politique, une justification de sa politique de colonisation des terres palestiniennes, et de validation du transfert de la capitale de l’État israélien à Jérusalem.

Les journaux titrent que l’équipe d’Argentine a refusé de jouer pour des raisons de sécurités et non politique. Selon le journal Jerusalem Post, la ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, s’est emporté en expliquant qu’il espérait « que l’équipe nationale argentine ne cède pas au terrorisme ».

Le Premier ministre Netanyahu a appelé Macri à deux reprises, dans l’objectif de le convaincre d’intervenir afin que le match ait lieu, comme le dévoilent les journaux Haaretz et Israël Hayom. Lors du deuxième appel, Macri aurait alors expliqué à son homologue israélien l’impossibilité de changer la décision de l’AFA. Des discussions ont eu lieu avec la Fédération argentine mais la décision finale s’explique par la prise de position de certains joueurs de l’équipe.

L’annulation du match amical a provoqué une crise au sein du gouvernement israélien. En effet, Netanyahu aurait reproché à la ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, du parti d’extrême-droite, le Likoud, d’avoir provoqué ce scandale en décidant de déplacer le match, qui devait se tenir au départ à Haïfa, ville du littoral située au Nord d’Israël, et non à Jérusalem.

En effet, selon Haaretz, le chef de l’Association palestinienne de football, Jibril Rajoub explique dans une lettre que le stade d’origine choisit pour le « match était Haïfa ». « Cependant, et après que le gouvernement israélien ait ouvertement fait pression, le ministre israélien de la Culture et des Sports, Miri Regev, a déclaré que le match avait été transféré à Jérusalem> Une décision qui, compte tenu du contexte actuel, ne pouvait qu’être rejeter et condamner par la Fédération palestinienne de Football. »

Pour le gouvernement israélien, il s’agissait de déplacer la rencontre pour « faire profiter de la vieille ville aux joueurs argentins ». Pour Jibril Rajoub, l’objectif est ailleurs. « C’est une tentative de normalisation de l’annexion illégale de Jérusalem-Est occupée », explique-t-il. Et d’ajouter « L’Argentine et plusieurs autres pays latino-américains savent très bien comment le football a été utilisé par leurs dictatures militaires respectives pour dissimuler leurs violations graves et systématiques des droits de l’Homme. »

Dans tous les cas, c’est une humiliation pour le gouvernement de Netanyahu, qui se voit « boycotté » par l’une des plus grandes sélections au monde. Des solutions ont été réfléchies comme disputer le match à Barcelone mais comme l’affirme le sélectionneur de l’Albiceleste, Jorge Sampaoli, il n’y a que de faibles chances pour que la sélection israélienne puisse se déplacer à Barcelone et de fait l’Argentine cherche déjà une autre équipe à affronter.

Si la ministre de la Culture et des Sports israélienne, Miri Regev, espère que l’équipe d’Argentine n’a pas cédé à ce qu’elle considère comme étant le terrorisme palestinien, une chose est sûre, c’est que sous la pression internationale et des joueurs, Messi et ses coéquipiers ne se déplaceront pas dans les terres palestiniennes occupées par l’Etat israélien. Le football n’a pas cédé au terrorisme d’Etat israélien.




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