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Mesures protectionnistes : Trump lâché par son conseiller économique, Gary Cohn

Opposé aux annonces de Trump d'imposer des droits de douane pour l’acier et de pour l’aluminium, son principal conseiller économique, Gary Cohn favorable au libre échange, a quitté le gouvernement ce mardi. Il rejoint la longue liste de collaborateurs de Trump démissionnaires.

La décision de quitter sa fonction est intervenue suite à la « guerre commerciale » déclarée par Trump lorsqu’il a annoncé la semaine dernière la mise en place de droits de douane de 25% pour l’acier et de 10% pour l’aluminium. Des mesures visant à répondre en partie aux problèmes de l’économie capitaliste américaine, à savoir une baisse de production d’acier et une augmentation des importations. Ces mesures protectionnistes passent mal pour les puissances occidentales partenaires commerciaux qui déclarent vouloir prendre des mesures de rétorsion sur certaines importations américaines. Les marchés boursiers se sont ouverts dans le rouge ce mercredi craignant la multiplication des mesures protectionnistes des Etats-Unis. C’est aussi tout un secteur favorable au libre marché à l’intérieur du pays qui s’oppose avec ferveur à ces annonces. En effet, l’industrie capitaliste est montée au créneau contre les réformes car elle sera la première touchée par les rétorsions des partenaires commerciaux. Ce sont aussi les secteurs financiers favorables au libre marché qui s’opposent aux réformes.

Ainsi, sans faire explicitement référence à ses désaccords, Gary Cohn , ancien numéro deux de Goldman Sachs, démocrate et partisan affiché du libre marché, remerciait le président américain et déclarait dans un communiqué avoir eu « l’honneur de servir [s]on pays et de mettre en œuvre un programme économique en faveur de la croissance qui profite au peuple américain, tout particulièrement la réforme fiscale historique. Je suis reconnaissant au président de m’avoir donné cette opportunité et je lui souhaite ainsi qu’à son gouvernement un grand succès dans le futur ». Gary Cohn résistait depuis des mois aux projets de Trump, annoncés durant sa campagne, de rétablir des barrières douanières ou de dénoncer le traité de commerce avec le Canada et le Mexique. Selon lui, ces nouvelles mesures risquent de fragiliser la croissance mais aussi provoquer la perte de 130000 emplois.

Pour Donald Trump, « Gary a été mon principal conseiller économique et a fait un excellent travail pour faire avancer notre programme, aider à faire des réductions fiscales et des réformes historiques pour relancer l’économie américaine. C’est un talent rare, et je le remercie pour son service dévoué au peuple américain ».

Trump, moins de contrepoids et les mains libres pour ses mesures protectionnistes

Cohn a formé, avec le chef d’état-major John Kelly, le secrétaire à la Défense James Mattis et le secrétaire d’État Rex Tilleron, le pôle cherchant à éviter les changements brusques dans les directives politiques entreprises par l’impérialisme américain dans le domaine des relations diplomatiques et du commerce mondial. Cohn a cherché à freiner ou au moins à modérer certaines des initiatives les plus brutales de Trump dans ces domaines. Ils ont imposé le départ du gouvernement de Steve Bannon, identifié comme la droite la plus extrême nationaliste, qui avait été l’idéologue le plus influent de Trump lors de la campagne présidentielle.

Cohn avait déjà eu de nombreuses divergences avec le président et sa démission n’est pas si surprenante. L’été dernier lors de l’affaire des manifestions violentes des suprématistes blancs de Charlottesville, en Virginie, alors que Donald Trump s’enferrait dans des déclarations contradictoires et alambiquées, Gary Cohn avait affirmé que « les citoyens qui prennent position pour l’égalité et la liberté ne peuvent jamais être mis sur le même plan que les suprématistes blancs, les néo-nazis et le KKK ».

Sur l’annonce de sa démission, un article du New York Times analysait que « le départ de M. Cohn, un démocrate favorable au libre-échange qui rejetait une série de politiques d’orientation nationaliste durant son année dans l’administration Trump, pourrait avoir un effet domino sur les décisions économiques du président et sur l’industrie financière ». En effet, le départ de Gary Cohn affaiblit un peu plus encore les collaborateurs plus modérés du cabinet présidentiel laissant les mais libres à Trump pour déployer ses orientations protectionnistes.
Il reste à voir comment vont se rééquilibrer les forces entre les différentes lignes qui traversent le cabinet après son départ.

Crédit Photo : Getty image




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