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Politique

Une politique réactionnaire

Migrants. Des pratiques pour lesquelles « la France pourrait être condamnée »

Dans son tchat lors de la journée internationale des migrants, la journaliste du Monde Maryline Baumard a bien montré les responsabilités du gouvernement dans la gestion des migrants et les manquements aux droits élémentaires qui ont lieu pour ces populations ayant fui la guerre et la misère.

En juillet dernier, le gouvernement lançait sans aucune consultations des associations de terrain un plan migrants bien en-deça des nécessités urgentes de la situation. Ce plan, véritable saupoudrage, était déjà critiqué comme sans rapport avec les réalités du terrain puisque les centres d’accueil et d’orientation (CAO) et les centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) n’arrivent plus à gérer le nombre de migrants depuis des mois déjà.

Cette situation, et les impasses qu’elle charrie, ont conduit à ce que la majorité des associations qui s’occupent de l’accueil des migrants claquent la porte de la réunion avec Gérard Collomb et Jacques Mézard, respectivement ministre de l’intérieur et ministre de la cohésion des territoires. En effet, les associations dénoncent une logique de « de recensement, d’étiquetage et de triage », comme le souligne Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale d’associations sanitaires et sociales (Uniopss). Dans un même élan il critiquait la volonté du gouvernement de remettre en cause « l’accueil inconditionnel » des personnes et les interventions policières dans les centres. Face à ce mouvement d’indignation du secteur qui travaille auprès des migrants, la Fondation Abbé Pierre, suivie par de nombreuses associations, avait publié un communiqué pour réaffirmer que « Non, le principe d’accueil n’est pas négociable » pour les personnes sans abris.

Concrètement, Maryline Baumard rappelle que les pratiques qui avaient cours sous les précédents quinquennats perdurent comme auparavant à l’image de ces migrants à qui on a confisqué « des couvertures et des affaires personnelles » alors qu’ils dormaient sous un pont à Calais pas plus tard que la semaine dernière. La consigne de démantèlement des campements ne résout aucun des problèmes sur le terrain et tend même à les aggraver : le risque est grand de voir des personnes mourir de froid comme le souligne Maryline Baumard en dénonçant une « indignité choquante ».

En conclusion, la journaliste rappelle que « sur de nombreux points, la France pourrait en effet être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme » tant sa gestion indigne des migrants est avérée depuis des années. Au pays des supposés droit de l’homme, le droit d’asile est un bien grand mot.

Crédit photo : Olivier JOBARD




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