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Monde

Échange de bons procédés

Migrants : May et Macron signent un traité pour renforcer (encore) l’Europe forteresse

En visite à Sandhurst, pour un sommet franco-britannique, Macron en profite pour renforcer les accords du Touquet qui règlent depuis 2003 la gestion des flux de populations migrantes dans le Nord de la France. Autour du tunnel sous la Manche, la tâche du refoulement des migrants qui veulent passer la frontière maritime depuis Calais relève de l'action conjointe des polices britannique et française. Macron veut que l'Angleterre assume la plus grande part de la gestion de la frontière dans la région de Calais.

Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

Critiqué jusque dans sa majorité quant à la surenchère xénophobe contre les migrants depuis la nouvelle loi sur l’immigration, qui doit passer à l’Assemblée en février et qui prévoit leur « recensement » ou plutôt fichage dans les centres d’hébergement d’urgence, un allongement de la durée d’enfermement en centre de rétention, et un délai plus court de moitié pour les recours en matière de droit d’asile, Macron enclenche avec May le virage répressif qui continue les pires inhumanités de ces dernières années.
 
Deux jours après avoir attaqué les associations qui s’occupent des camps de réfugiés dans le Nord de la France, en niant explicitement les violences des forces de police qui s’acharnent sur les migrants à Calais et ailleurs, Macron renforce toujours plus sa politique xénophobe et meurtrière contre les migrants, une politique digne du FN, dont il est par ailleurs jaloux. Les modifications des Accords du Touquet de ce jeudi prennent prétexte de la nécessité d’un meilleur traitement des migrants, notamment des mineurs isolés et par une meilleure application de la politique de regroupement familial. Mais dans les faits, la France et l’Angleterre recourent toujours à la même politique de tri et de renvoi vis-à-vis des populations qui veulent passer la frontière. Macron a surtout fait valoir l’exigence que son partenaire accélère les procédures de tri à la frontière, au beau milieu d’attaques violentes de la police française dans certains camps de fortune qui hébergent des migrants – informations qu’Emmanuel Macron a qualifiées de diffamatoires mardi 16 janvier.
 
Il faut dire que la situation politique outre-manche est une aubaine, pour Macron : avec le Brexit, l’Angleterre doit absolument se garantir quelques alliances qui lui permettront de garder un pied dans l’UE. En position de force, il a donc réclamé jeudi 18 janvier des moyens supplémentaires, financiers et matériels, pour gérer la frontière au Nord de la France, en échange d’accords militaires qui garantissent à l’Angleterre de conserver son rôle de puissance militaire (et de seule puissance nucléaire avec la France) au sein de l’union. Avec Macron, plus que jamais, l’Europe forteresse est en marche.




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