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Politique

Financements libyens

Mise en examen de Sarkozy : un suspect pas comme les autres

Parmi ses nombreuses casseroles, Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi sur le probable financement libyen de sa campagne de 2007. Cette mise en examen a fait suite à une garde-à-vue de 48 heures... pendant laquelle l'ex-président a pu rentrer dormir chez lui ! Depuis, entre la classe politique qui vole à son soutien et une demie heure de tribune accordée au JT de TF1, le traitement complaisant fait à l'homme politique se poursuit.

Après cinq ans d’enquête et de nombreuses preuves et témoignages, l’ancien président Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Cette mise en examen fait suite à une garde-à-vue assez particulière. Celle-ci devait durer 48 heures, mais mardi soir, après une première journée, Sarkozy a pu rentrer à son domicile ! Il est ensuite revenu pour être auditionné mercredi un peu avant 8 heures du matin. C’est à l’issue de cette garde-à-vue que l’ancien président a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement de fonds publics libyens".

Depuis, de nombreux soutiens parmi la classe politique se sont exprimés. Parmi eux, Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains (LR), a jugé le placement en garde-à-vue « humiliant et inutile », en ajoutant : « mis en examen ne vaut pas culpabilité. Dans bien d’autres cas, cela s’est fini par un non-lieu ». Christian Jacob, président du groupe LR à l’assemblée, a également déclaré : « Nous assurons Nicolas Sarkozy de toute l’amitié, le soutien et l’affection du groupe LR, unanime, dans ce moment qui est assez surréaliste. Onze ans après, c’est de l’acharnement ». On peut citer également Éric Ciotti lui apportant « soutien et amitié » via Twitter, ou Nadine Morano selon laquelle « il sera blanchi bientôt ».

Alliée de poids, Marine le Pen s’est aussi exprimée sur la question, elle qui peine à se rendre à ses convocations judiciaires. Elle aussi mise en examen pour abus de confiance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle s’est empressée d’attaquer la justice pour son impartialité et même pour les inclinaisons « gauchistes » d’un grand nombre de juges selon elle ! Dans le même temps, c’est à pas moins de 25 minutes de JT sur TF1 qu’a eu droit l’ex-président. Une véritable tribune afin de lui permettre de défendre sa soi-disant innocence et de « laver son honneur ».

Dans un communiqué de presse, le parti LR évoque « le sentiment que tous les élus ou anciens élus ne subissent pas le même traitement, selon qu’ils appartiennent à telle ou telle famille politique ». Or, ce que le traitement de Sarkozy nous évoque, c’est plutôt la différence de traitement selon que les suspects appartiennent à la grande famille politique ou bien que les suspects soient des travailleurs, des précaires, des personnes racisées... Pendant que la grande bourgeoisie de la classe politique fait preuve de solidarité en se protégeant les uns les autres (de la même manière que Darmanin était ovationné à l’assemblée alors qu’il était accusé d’agressions sexuelles), les étudiants, sont réprimés violemment dans de nombreuses facs suite à des occupations d’amphithéâtres ; un SDF se prend trois mois de prison ferme pour avoir volé un fromage alors qu’il avait faim ; Adama Traoré est tué par la police lors de sa garde à vue et sa famille subit, elle, un véritable acharnement judiciaire depuis qu’elle a osé lutter pour que la vérité et la justice éclate pour Adama.

Crédit photo : AFP PHOTO / TF1




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