Notre classe

A toi président…

« Moi licencié, je suis orphelin de mon usine »

Publié le 11 octobre 2016

« Courrier arrivé ». C’est la réponse que l’Elysée a adressé à un salarié de NLMK coating qui a écrit au président, en guise de désespoir après avoir appris son licenciement qui a suivi à ses 13 ans au service de l’entreprise.

Yano Lesage

« Pourquoi Belfort et pas Beautor ? » interroge cet ex-salarié de l’usine de sidérurgie de Beautor, dans l’Aisne, appartenant à l’entreprise belgo-russe NLMK Coating, au président de la République. Peut-être parce que l’usine a déjà profité de la loi Florange, votée il y a un an et censée lui donner un délai pour retrouver un repreneur. En réalité, rien de tout cela ne s’est passé et ce sont près de 209 personnes qui ont été licenciées, sur lesquelles seulement 40 ont retrouvé un emploi actuellement. Encore une preuve que les promesses d’Hollande ne tiennent que ceux qui les croient…

Dans une région qui subit depuis les années 1980 les conséquences de la désindustrialisation, où le chômage atteint les 22% de la population active, Thomas Parent a des raisons de s’inquiéter : « l’emploi ne court pas les campagnes, ici… » comme il le rappelle dans sa lettre au président, lui qui a acheté il y a quelques années une maison proche de l’usine et qu’il va devoir quitter faute d’emploi dans la région.

Voilà déjà un an qu’il avait envoyé un mail à la présidence pour alerter de la situation. Et c’est sa lettre de licenciement qui a donné corps à la menace qui planait qu’il a jointe à ce second courrier adressée au président : pas plus que pour son premier mail envoyé en 2015, la lettre de Thomas n’aura reçu de réponse. Tout au plus une notification « courrier arrivé ». De quoi montrer qu’Hollande entend bien, mais reste sourd à la colère sociale qui ne cesse de monter.