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Politique

Salle comble

Montpellier. Gros succès du meeting avec Philippe Poutou !

C'est devant une salle comble que Philippe Poutou a pris la parole, aux côtés d'autres figures de luttes locales, vendredi soir à Montpellier. Petit résumé de la soirée.

« Désolée messieurs-dames, on va enlever cette table pour ajouter des chaises… » Devant l’affluence, il aura fallu ajouter des dizaines de chaises, et installer une rangée de gens assis par terre devant la scène, quelques minutes avant le début des interventions. Deux semaines avant ce premier tour des présidentielles 2017, ce sont 600 personnes qui avaient décidé de passer leur vendredi soir au meeting montpelliérain du NPA, en présence de Philippe Poutou – là où en 2012, seules 350 avaient fait le déplacement. En cette période d’élections « toboggan », et après la façon dont Philippe Poutou a fait exploser le carcan médiatique dans le débat à 11 du mardi 4 avril, les meetings de campagne prennent de l’ampleur, à l’image de ce vendredi à Montpellier, et de la veille à Rouen

Une campagne de luttes

À la tribune, avant la prise de parole de Philippe Poutou, se sont succédées plusieurs interventions témoignant des luttes locales, ponctuées d’applaudissements. Jules Panetier, militant réprimé à plusieurs reprises et membre du collectif du Royal Occupé, lieu menacé d’expulsion, a dénoncé les violences policières et la répression qui touche les militants et les habitants des quartiers populaires, et que le NPA combat également. Didier, pour Arrêt du Nucléaire 34, a parlé des dangers du nucléaire et du lien intrinsèque entre anti-nucléaire et anti-capitalisme, aucune sortie du nucléaire n’étant envisageable sans sortie du capitalisme. Geneviève, du NPA34 et membre de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), a dénoncé la situation en Palestine, la complicité de nos gouvernements successifs, et la lutte pour le peuple palestinien. C’est ensuite Stéphanie, de Perpignan, qui a évoqué la nécessaire solidarité avec les migrants, ainsi que la lutte pour la liberté de circulation et d’installation de toutes et tous. Pauline, du NPA31, a pris la parole pour dénoncer les conditions de travail délétères qui règnent dans le secteur de la santé, entraînant une dégradation de la vie des travailleurs mais aussi des conditions d’accueil et de soin des usagers. Enfin, deux travailleurs de l’usine Haribo d’Uzès sont revenus sur les menaces qui pèsent depuis des années sur leur usine et la répression qui les touche.

L’intervention de Philippe Poutou : extraits

C’est ensuite Philippe Poutou qui a pris le micro. En exclusivité, il a montré au public l’objet du délit : le t-shirt qu’il portait lors du débat à 11, mardi soir ! Le fameux « marcel », selon Luc Ferry, philosophe et ami de Fillon, « pyjama » selon Marion Maréchal Le Pen. Philippe Poutou en a profité pour expliquer comment, mardi soir, les présentatrices étaient venues le voir dans sa loge, pour bien insister sur la consigne consistant à ne parler que de son programme, en évitant soigneusement les attaques vis-à-vis des autres candidats… L’ensemble de l’équipe organisatrice du débat avait peur de ne pas tout maîtriser : eh bien, avec le punch de Philippe Poutou, ils n’ont effectivement pas tout maîtrisé !

Si tous se déchaînent depuis, c’est tout simplement parce que Philippe Poutou a osé pointer du doigt ceux qui ont piqué dans les caisses. Les milliardaires nous enjoignent à travailler : mais quel travail peut justifier leur fortune ? Au contraire, on voit les collègues réprimés, les jeunes arrêtés dans les manifestations ; tandis que les patrons voyous et les politiques voleurs, eux, personne ne les arrête. Fillon ou Le Pen, qui brandissent en étendard leur présomption d’innocence, et tous ceux qui les soutiennent, se posent moins la question de la présomption d’innocence quand on met les frères d’Adama Traoré en prison.

Depuis le débat, la famille Le Pen et ses soutiens se défendent en déclarant que Philippe Poutou n’est pas un vrai ouvrier. Cela en dit long sur toute la haine qu’ils ont des ouvriers, surtout quand ils se défendent par eux-mêmes. Ces attaques sont également révélatrices du fait qu’une fois au pouvoir, le FN mènerait la même politique capitaliste, mais en y ajoutant encore plus de racisme, de violence et de xénophobie. Si dans cette campagne, la candidature et le punch de Poutou ont au moins servi à démontrer ce qu’est vraiment le FN, alors cela aura déjà été utile. 

Quand les gens sont fiers que Poutou ait dénoncé Fillon et Le Pen, ils expriment en fait leur volonté que les choses changent. Le paradoxe, évidemment, c’est qu’on sait que ces élections ne bouleverseront pas le cours de nos vies.

On a une revanche énorme à prendre sur la propagande libérale, sur ceux qui disent qu’ils ont rendez-vous avec le « peuple », ou avec la « France ». Cela fait 40 ans que les mêmes politiciens allègent les cotisations patronales, et ils veulent tous continuer. Fillon, champion de la rigueur, veut virer 500 000 fonctionnaires. Il est moins rigoureux pour ses comptes personnels !
Et quand de notre côté, on dit qu’il faut des embauches massives, on nous dit que c’est utopiste : c’est pour ça qu’on a une revanche à prendre. Oser dire que tout ça est indispensable, et que oui, il faut prendre ce qui nous a été volé. L’argent qui existe doit servir à la population, et non à une fraction seulement. C’est pour ça qu’il faut interdire les licenciements et mettre en place un revenu décent pour tout le monde. Hamon, lui, n’ose même plus parler de son revenu universel. Mais on ne peut pas vivre en dessous de 1700 euros ! Ce sont ceux qui bossent, ou qui essaient de bosser, qui doivent recevoir les richesses.
Mais ce partage des richesses, si ceux qui sont au pouvoir ne le proposent pas, ce n’est pas parce qu’ils n’en ont pas eu l’idée : c’est parce qu’ils ne le veulent pas. C’est pour ça qu’il faut des mobilisations. 8h par jour, 40h par semaine, puis moins : ces avancées, on les a arrachées, et ils nous disaient que c’était utopique. Tout ce qui paraît acquis aujourd’hui, c’est par la lutte qu’on l’a obtenu. Et depuis lors il y a eu tellement de progrès technologique que ce qu’on demande est plus que légitime. Tout ce qu’on a créé doit profiter à tout le monde, et non pas à un petit groupe. Tant mieux s’il y a des robots : on peut réduire le temps de travail, partager le travail et les richesses entre toutes et tous, et moins mourir au travail !
Tout cela, tout le contrôle de l’économie, passe par des mesures d’expropriation. On peut notamment parler du système bancaire. Aujourd’hui, c’est des centaines de milliards planqués dans les paradis fiscaux : il faut réquisitionner les banques et les contrôler nous-mêmes. Il faut faire la même chose avec le secteur de l’énergie, pour un vrai service public de l’énergie,et pour s’occuper des questions écologiques : il faut enlever les moyens de nuire aux entreprises comme Total et cie. Il faut placer toutes les activités productives sous le contrôle de la population. 

Il faut également combattre les préjugés et les discriminations qui nous divisent et nous affaiblissent : l’homophobie, le racisme, le sexisme… Autant de vecteurs d’oppression et de division qui se renforcent avec la crise, et doivent à l’inverse nous amener à les combattre et riposter.
Au-delà des témoignages de ces différentes luttes, la question centrale est de changer le rapport de force. C’est ce à quoi sert la campagne du NPA ! C’est aussi ce qu’on a vu l’an passé avec la bataille contre la loi travail, et aujourd’hui ce qui se passe en Guyane. La lutte des Guyanais pose non seulement la question sociale, mais aussi la question coloniale, occultée par beaucoup. Comme en Afrique et partout ailleurs, c’est le pillage des richesses, contre lequel il faut se battre.




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