Société

Transports en commun

Montpellier. La TAM ne rend plus la monnaie

Publié le 3 octobre 2015

Au milieu de l’été, la régie de la TAM, les transports en commun de l’agglomération de Montpellier, a modifié le fonctionnement de ses distributeurs de billets : dorénavant, les machines ne rendent plus la monnaie. La TAM encaisse donc la monnaie excédentaire, augmentant ainsi ses profits sur le dos des voyageurs.

Dom Thomas

La décision n’a été précédée d’aucune campagne d’information, et il a fallu attendre presque trois semaines pour que la régie TAM ait l’honnêteté d’afficher un message sur les distributeurs afin de prévenir les usagers. A l’heure actuelle, le site internet de la TAM est toujours muet à ce sujet. Pourtant, pour payer 1,5€ le ticket permettant un aller simple, nombreux sont celles et ceux qui introduisent une pièce de 2€. Le prix du voyage, déjà élevé, se trouve donc dans ce cas augmenté de 30%.

Mais la modification ne s’arrête pas là : depuis la reconfiguration des machines, les défaillances sont nombreuses. Il arrive ainsi fréquemment que la machine se remette à zéro si l’usager est trop long à chercher ses pièces ; ou bien qu’elle ne délivre pas de ticket une fois la commande passée. Mais puisque la fonction « retour monnaie » n’existe plus, le voyageur ne peut récupérer la somme introduite... Lorsque l’usager souhaite acheter un ticket de 10 voyages, ce sont parfois des montants de plus de 10€ qui sont ainsi volés par la TAM.

La TAM justifie sa décision par le « coût du vandalisme » subi par les machines, cibles de « vol en bande organisé ». De « jeunes mineurs » auraient pour habitude de bloquer le rendu de monnaie afin de récupérer l’argent, une fois le voyageur parti. Les réparations auraient atteint 150.000€ cette année, et les usagers se plaindraient continuellement auprès de la TAM ; cette dernière aurait donc pris cette décision radicale dans l’intérêt de ses clients. C’est sûrement par souci de justice sociale que la TAM préfère qu’aucun usager ne récupère la monnaie qui lui est due !

La mesure étant légale, la TAM décline toute demande de remboursement du trop-perçu. Quant aux dysfonctionnements, pour espérer être remboursé, il faut faire une réclamation par courrier et s’en remettre au bon vouloir du service contentieux. Autant dire que la plupart des usagers abandonnent.

Tout en verbalisant les usagers qui n’ont pas la monnaie ou viennent de la voir avalée par la machine, la TAM encaisse des sommes non justifiées, tout en colportant l’idée que c’est la faute des voleurs.

Se déplacer est un droit. A l’heure où l’on s’accorde à faire de l’écologie une priorité, plutôt que d’augmenter les tarifs en les justifiant par le coût du renforcement des mesures de contrôle, instaurons des transports en commun gratuits pour toutes et tous, sous contrôle des travailleurs et des travailleuses !