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Jeunesse

Le Maréchal Pétel en difficulté

Montpellier. Le doyen de la fac de droit mis en examen après l’attaque fasciste

Le soir du 22 mars, des étudiants montpelliérains avaient décidé d’occuper un amphithéâtre de la faculté de droit. Attaqués par une milice fasciste armée de planches et de tasers, ils en ont été chassés sous l’œil bienveillant du doyen de la faculté et d'un professeur. Ces derniers ont été mis en examen hier.

Crédits photo : Le Nouveau Montpellier

L’agression d’étudiants occupant pacifiquement un amphithéâtre de la faculté de Droit par une milice fasciste armée, le 22 mars, a provoqué de vives réactions dans tout le pays et à l’international. La violence de l’attaque – trois étudiants ont fini à l’hôpital – ainsi que la présence du doyen de la faculté, qui a organisé l’intrusion des nervis, et de professeurs a particulièrement choqué. Cette agression intervient dans un contexte où la mobilisation étudiante contre la loi Orientation Réussite des Étudiants (ORE) et globalement le Plan Étudiants prend de l’ampleur et où de nombreux cas de répressions avaient été enregistrés, en particulier à Bordeaux, à Lille et à Grenoble et où l’université du Mirail à Toulouse n’avait échappé à l’intervention policière que grâce à l’impressionnant soutien déployé par toutes les facs mobilisées. La mobilisation étudiante se développe alors même que de nombreux secteurs se préparent à mener la bataille contre le gouvernement Macron, un véritable cocktail explosif si la jeunesse s’en mêle ! La milice fasciste introduite grâce au concours de membres de la direction et de l’administration de la faculté avait été par la suite exfiltrée par la police.

La réaction à Montpellier a été immédiate. Les Assemblées Générales (AG) ont connu un bond quantitatif, regroupant autour de 2500 personnes et un début de mobilisation naissant sur plusieurs sites universitaires de la ville. Par ailleurs, les étudiants ont défilé à près de 2000 pour exiger le renvoi et l’inculpation du doyen de la fac Philippe Pétel. Celui-ci, ainsi que le professeur aperçu lors de l’attaque, Jean-Luc Coronel de Boissezon ont été suspendu par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal. La violence et les retombées médiatiques de l’événement ont obligé le gouvernement à réagir, alors que le passage à tabac en règle d’étudiants par des policiers dans l’amphithéâtre de l’Université Victoire à Bordeaux n’avait pas été condamné.

Il aura fallu que des étudiants manifestent massivement, le 27 mars, pour que les victimes de la milice fasciste soient entendues par la police qui avait auparavant refusé. Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel de Boissezon ont été mis en examen le 29 mars. À Montpellier, et dans toute la France, dans le cadre de rassemblements contre la répression les 28 et 29 mars, les étudiants dénoncent l’attitude « ambivalente » de l’État dont la réaction aura été plus que tardive et qui, au travers de son outil répressif qu’est la police, attaque, d’une part, les étudiants dans leurs facs et en manifestation et protège, d’autre part, les groupuscules fascistes qui agressent ces mêmes étudiants. Les étudiants mobilisés aujourd’hui ont connu la répression lors du mouvement contre la Loi Travail en 2016 et réalisent à quel point les interventions armées de la police et de groupuscules fascistes ont le même but, à savoir briser la contestation et casser les blocages et occupations.

L’attaque à Montpellier a réveillé les ardeurs de mouvances fascistes qui ont agressé des lycéens à Paris, des étudiants à Lille et à Strasbourg et se sont montrés lors d’un rassemblement contre la répression à Toulouse. À Montpellier, la Ligue du Midi, groupuscule néo-nazi ultra-violent, a organisé des manifestations de soutien au doyen, vite renommé Maréchal Philippe Pétel par les étudiants. Dans une période où la tendance est à l’union républicaine derrière les forces de l’ordre suite à la prise d’otage à Trèbes, le rôle répressif de la police est encore une fois bien visible. En parallèle de la lutte pour une université ouverte à toutes et à tous, les étudiants portent désormais des mots d’ordre contre la répression « Flics, fachos, hors de nos facs ! ».




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