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Alors qu’elle était sous le coup d’un conseil de discipline

Montpellier. A 34 ans, une factrice fait une tentative de suicide. A quand la fin de l’hécatombe à La Poste ?

Publié le 18 octobre 2016

Une factrice a frôlé la mort aujourd’hui sur son lieu de travail, en tentant de se suicider par voie médicamenteuse. Convoquée pour un entretien préalable à licenciement, il y a quelques jours, elle devait en outre passer en conseil de discipline la semaine prochaine. Si une enquête interne a été ouverte par la direction et le CHSCT, la multiplication des tentatives et des suicides ne sont en rien des accidents ou des coïncidences : c’est le fruit d’une politique consciente de la Poste qui cherche à tout prix à licencier, pression et souffrance au travail qui aboutissent à une vague de suicides sans précédent de ses salariés.

George Waters

Une salariée « au bout du rouleau », menacée par sa direction, tente de se suicider

Le début de l’enfer commence cet été pour la factrice : après s’être arrêtée chez elle pour déjeuner, elle est sous le coup d’une mesure disciplinaire. Cette mesure disciplinaire s’est précisée ces derniers jours, notamment avec un entretien préalable au licenciement, durant lequel la jeune femme de 34 ans subit des pressions de la part de sa direction. Ses collègues présents parlent d’un véritable interrogatoire : « on lui a posé des questions qui n’avaient rien à voir avec la raison de sa convocation, et ce uniquement dans le but de rajouter des griefs dans son dossier ». Après cet entretien, la postière devait passer en conseil de discipline la semaine prochaine : la direction de la Poste cherche à tout prix à casser les travailleurs pour « épurer » leurs rangs. La CGT dénonce d’ailleurs « une multiplication des procédures disciplinaires à la Poste Hérault, pour des motifs futiles avec des sanctions extrêmement lourdes ». Mais la direction ne s’arrête pas là pour faire craquer sa salariée, et pour lui montrer qu’ils sont prêts à la jeter quand ils en auront envie lui signifie qu’ils ont déjà trouvé celui ou celle qui la remplacera. Cette situation de harcèlement psychologique pousse la travailleuse à absorber une grande quantité de médicaments sur son lieu de travail ; elle sera finalement sauvée.

Vague de suicide à La poste

Bien que le nombre de suicide augmente dans tous les services du réseau de distribution du courrier, la direction n’en a que faire. La situation et les réactions de la direction rappelle la situation de France Télécom, dans laquelle malgré des dizaines de suicides, la direction n’a jamais été inquiétée. En effet, pour saborder l’emploi et remplacer, petit à petit les employés en CDI par des contrats plus précaires, que ce soit en intérim ou en CDD, la direction use de n’importe quel motif pour licencier. Dans le bureau de poste de Rondelet où travaillait la jeune femme, ce sont 5 procédures qui ont été lancées en un an ; dans l’Hérault, c’est 4 à 5 par mois. La CGT dénonce ainsi « une multiplication des procédures disciplinaires à la Poste Hérault, pour des motifs futiles avec des sanctions extrêmement lourdes ». La situation n’est cependant pas dramatique que dans l’Hérault : elle est nationale et a été dénoncée par un consortium de 8 cabinets d’expertises qui expliquent que « le groupe La Poste continue de rencontrer des cas de suicides au travail ; les situations de détresse individuelle ou de conflits ouverts entre agents sont désormais fréquentes ; les indicateurs de santé et de climat social témoignent d’une dégradation qui, déjà dénoncée dans le rapport Kaspar en 2012, n’a depuis cessé de s’aggraver. » Ils dénoncent en outre les entraves faites au travail des CHSCT. Nous devons en finir avec cette Poste qui licencie les employés qui aident leurs collègues quand ils font des AVC ou quand ils osent parler une autre langue dans leurs services !